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L’association fête ses 100 ans!

L’association fête ses 100 ans!

Depuis 100 ans, les programmes novateurs de l’Association des Amputés de guerre ne cessent d’évoluer. Ils ont d’abord aidé les anciens combattants amputés – ce qui est toujours le cas aujourd’hui – puis l’ensemble des personnes amputées, y compris les enfants.

Avec votre soutien, notre engagement se poursuit : veiller assidûment au mieux-être des personnes amputées.

1918 : Création de l’Association des Amputés de guerre

The Amputations Association of The Great War

Les origines de l’Association des Amputés de guerre remontent au 23 septembre 1918, date à laquelle l’Amputation Club of British Columbia tient sa première réunion. Il s’agit du premier groupe d’amputés de guerre à se former au Canada. De nombreux autres suivent son exemple et finissent par s’unir pour fonder un organisme national. Les anciens combattants amputés se proposent de constituer une association fraternelle au sein de laquelle ils pourraient s’entraider pour s’adapter à leur nouvelle réalité et veiller aux intérêts des anciens combattants gravement handicapés.

Les premières années sont remplies de grands espoirs et de travail acharné reposant sur une philosophie selon laquelle « les amputés s’entraident ». Axée sur l’aide pratique, les conseils et l’autonomie, l’association s’efforce d’orienter ses adhérents et de répondre à leurs besoins.

Sa charte est adoptée en 1920. L’Association des amputés de la Grande Guerre (ainsi nommée à l’époque) s’engage à lier dans un esprit de fraternité tous les hommes qui ont perdu un membre ou des membres en servant le Canada.

Dans sa constitution, l’association se donne un triple objectif : défendre sa cause auprès du gouvernement canadien; aider les personnes amputées à se recycler et à se réadapter; et enfin, explorer le monde peu connu des membres artificiels et entreprendre de la recherche dans ce domaine.

Anciens combattants

1920 : Sidney Lambert est nommé premier président de l’association

Lieutenant-colonel Sidney Lambert

Le lieutenant-colonel Sidney Lambert, aumônier militaire qui a perdu une jambe au combat au cours de la Première Guerre mondiale, est nommé premier président de l’association. C’est lui qui pose les fondations pour les prochaines générations de personnes amputées et façonne la ligne de pensée selon laquelle, avec du courage et de la détermination, les personnes amputées peuvent réussir dans la vie.

Lieutenant-colonel Sidney Lambert

Quand la Première Guerre mondiale éclate, Sidney Lambert s’enrôle au sein du Calgary Regiment et sert en Angleterre et en France. Il perd une jambe au-dessus du genou en 1916, au cours de la bataille d’Ypres dans le nord de la Belgique.

C’est pendant sa convalescence dans un hôpital de Toronto, le College Street Military Hospital, que Sidney Lambert a pour la première fois l’idée d’une association nationale dont le mandat serait de résoudre les problèmes des personnes amputées.

En 1920, Sidney Lambert devient le premier président national de l’association. Il préside aux destinées de l’association pendant la Grande Crise et au-delà. Spécialiste de la législation touchant les anciens combattants, il se présente devant le Parlement à maintes occasions.

Lui-même ancien combattant amputé et aumônier d’hôpital bien connu, d’abord au Christie Street Veterans’ Hospital, puis au Sunnybrook Military Hospital, il a une conscience aiguë des besoins des anciens combattants gravement handicapés et de leur famille.

Relevons le défi de l’amputation et surmontons-le avec le même état d’esprit qui nous a permis de remporter la victoire et de triompher des souffrances, ce qui nous permettra de reprendre le cours de notre vie, couronnée de réussites dignes de nous.

Aumônier Lambert
Lieutenant-colonel Sidney Lambert
Sidney effectuant une présentation
Sidney à un monument

En 1931, Sidney Lambert est nommé président honoraire de l’Association Sir Arthur Pearson des aveugles de guerre (ASAP), un groupe avec lequel l’association a collaboré étroitement pour porter à l’attention du gouvernement divers problèmes concernant les pensions.

Sidney et Edwin Baker

Sidney Lambert est un ami proche de l’un des fondateurs de l’ASAP, Edwin Baker, qui œuvre aussi à la direction nationale de l’association. Les deux organismes se soutiennent non seulement dans leur travail de représentation en faveur des anciens combattants, mais aussi dans d’autres activités, comme les défilés et les dépôts de couronnes.

À 82 ans, Sidney Lambert reçoit la Médaille pour services éminents de l’Ordre du Canada pour sa contribution au bien-être des anciens combattants du Canada. Il meurt le 5 mai 1971, après cinquante ans de loyaux services au sein de l’association.

1921 : Premier rassemblement national

Premier rassemblement national

1921 : Premier rassemblement national

En 1921, l’association tient son premier rassemblement national à Toronto. Ce rassemblement, qui deviendra par la suite un événement annuel, comporte des séances bien remplies sur la prothétique et sur les questions touchant les anciens combattants amputés. Il fait aussi place à la camaraderie et constitue pour les adhérents une occasion bien méritée de socialiser entre eux.

1921 : Publication du premier numéro du magazine The Fragment

The Fragment

Au cours des premières années, les adhérents de l’association doivent surmonter les problèmes que posent la distance et la communication dans un si vaste pays. Il est difficile de rester en communication et ce l’est encore plus pour ceux qui n’habitent pas à proximité d’une succursale de l’association. C’est pourquoi l’organisme crée son magazine interne, intitulé au départ The Amputations’ Quarterly, pour pouvoir communiquer avec ses adhérents partout au pays.

Rebaptisé The Fragment en 1926, la publication joue un rôle important pour abolir les distances et transmettre aux membres et à leur famille de l’information essentielle au sujet des pensions, de la législation touchant les anciens combattants, de la prothétique, des soins de santé et des activités organisées par l’association. Rédigés sur un ton avenant, avec une touche d’humour, ses articles sont le reflet d’une camaraderie que seuls ceux qui sont liés à la fois par le service militaire et l’amputation peuvent comprendre.

Au cours des décennies suivantes, le magazine The Fragment continuera de publier de l’information concernant la technologie de pointe en prothétique et constituera l’une des rares ressources dont disposent les personnes amputées.

1921 : Repousser ses limites

L'équipe de soccer de l'Association des Amputés de guerre pose pour une photo de groupe

Le processus de rétablissement et de réintégration est primordial pour ceux qui doivent s’adapter à leur nouvelle réalité de personnes amputées. L’association a joué un rôle essentiel pour rassembler les amputés de guerre, qui ont ainsi pu s’encourager et apprendre les uns des autres.

À une époque où les handicaps sont souvent tabous dans la société, ces personnes ont décidé que l’amputation n’allait pas les empêcher de faire du sport, de travailler ou de profiter de tous les aspects de la vie. L’équipe de soccer de l’association n’est qu’un exemple de cette ténacité. Les membres de l’équipe ont écrit que, grâce au soccer, ils montrent au grand public qu’ils continuent à aller de l’avant et à repousser leurs limites, par eux-mêmes.

1922 : Mary Riter Hamilton termine ses tableaux des champs de bataille

Mary Riter Hamilton

L’association demande à l’artiste bien connue Mary Riter Hamilton de peindre les champs de bataille européens afin de saisir toute la dévastation et la destruction engendrées par la guerre avant que les travaux de restauration ne débutent. Une sélection de ses œuvres paraît dans The Gold Stripe.

En 1919, elle se rend seule en France et en Belgique. Travaillant dans des conditions difficiles, elle produit plus de 300 tableaux au cours des trois années suivantes. Il y a quelque chose de fantomatique dans ses paysages meurtris rapidement esquissés. Et pourtant, avec ces images de destruction, elle exprime des messages importants de renouveau et de renaissance, notamment dans son tableau Trenches on the Somme, où l’on voit fleurir des coquelicots rouges au milieu des tranchées.

peinture

Les tableaux de Mary Riter Hamilton ont été exposés à Vancouver et à Victoria, de même qu’en Angleterre et en France. Elle a offert certains de ceux-ci en cadeau à des anciens combattants, mais elle n’a jamais voulu vendre ses œuvres. Elle en a plutôt fait don aux Archives nationales du Canada pour qu’ils soient conservés à la mémoire des Canadiens qui se sont battus et ont perdu la vie durant la Première Guerre mondiale. « J’ai peint ces tableaux pour les hommes et, bien sûr, c’est à eux qu’ils reviennent », dit-elle.

Dans les années 1980, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a restauré 40 des tableaux de champs de bataille de Mary Riter Hamilton pour une exposition itinérante intitulée « No Man’s Land », un projet mixte de BAC, de l’Association des Amputés de guerre et des conservatrices Sarah McKinnon, Ph. D. et Angela Davis Ph. D. L’exposition a été présentée dans de nombreuses villes du Canada de 1989 à 2001.

peinture
peinture
peinture

1931 : Les Maritimes se joignent à l’association

En mars 1931, l’association accueille les amputés de guerre des Maritimes et crée ainsi une chaîne continue de Halifax, en Nouvelle-Écosse, à Victoria, en Colombie-Britannique.

1932 : L’association dirige le regroupement de divers groupes d’anciens combattants sous la bannière du CNAAC

À compter de 1932, l’association s’associe à quatre autres groupes d’anciens combattants pour se présenter devant les comités parlementaires afin d’exposer les préoccupations des anciens combattants canadiens. En parlant ainsi d’une seule voix, ils donnent plus de force à leurs présentations au gouvernement.

L’association et les autres groupes fondateurs, soit les Anciens combattants de l’armée, de la marine et de l’aviation du Canada; l’Association Sir Arthur Pearson des aveugles de guerre; l’Association des pensionnés de guerre du Canada et l’Association du Corps d’armée canadien, entretenaient des liens depuis longtemps et œuvraient tous à défendre les droits des anciens combattants, surtout ceux des anciens combattants handicapés.

CNAAC

Ensemble, en 1943, ces groupes forment officiellement le Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada (CNAAC). Au fil des ans, le CNAAC a continué à accepter de nombreuses autres organisations d’anciens combattants dans ses rangs et compte aujourd’hui plus de 60 groupes membres.

CNAAC

1936 : L’association assiste au dévoilement du monument commémoratif de Vimy

En 1936, des milliers d’anciens combattants canadiens et leur famille font un pèlerinage en France pour assister au dévoilement du majestueux Mémorial national du Canada à Vimy, le 26 juillet. Érigé sur un terrain offert au Canada par la France, le monument commémore la bataille de la crête de Vimy et rend hommage à tous les Canadiens qui ont combattu durant la Première Guerre mondiale, particulièrement ceux qui ont laissé leur vie à Vimy et ailleurs en France et dont le lieu de sépulture est inconnu. Parmi les membres de l’association qui participent au pèlerinage, citons l’ancien combattant de la Première Guerre mondiale Vic Burt et les anciens combattants de Vimy Ethelbert « Curley » Christian et Perce Lemmon.

Des membres participent à un pèlerinage à Vimy

1939 : L’association change sa dénomination sociale pour Les Amputés de guerre du Canada

En prévision de la prochaine génération d’amputés de guerre qui va revenir des lignes de front de la Seconde Guerre mondiale, l’association prend les devants et change sa dénomination sociale, en 1939, pour Les Amputés de guerre du Canada. Ce changement en fait un organisme inclusif qui procurera de l’information et un sentiment d’appartenance non seulement aux anciens combattants amputés de la Première Guerre mondiale, mais aussi au plus jeune groupe de combattants amputés de la Seconde Guerre mondiale.

The Amputations Association of The Great War

La décision de rebaptiser l’association figure dans le rapport du comité chargé de la constitution de novembre 1939 :

Attendu que la présente crise causée par la guerre influe sur l’avenir de cette association et attendu que les résultats des efforts déployés par cette association devraient aider les victimes de guerres futures, il est proposé par l’Association des amputés de la Grande Guerre que nous adoptions le nom : Les Amputés de guerre du Canada.

1944 : L’Association des Amputés de guerre réfute l’opinion voulant que la technologie prothétique puisse « remplacer les membres naturels »

En 1944, l’Association des Amputés de guerre joue déjà un rôle important sur la place publique au sujet de l’amputation et des membres artificiels. En 1944, le Telegram publie un article décrivant les nouveaux membres artificiels comme étant des répliques presque parfaites des membres naturels. L’Association des Amputés de guerre répond de façon éclairée avec un article paru dans The Fragment, mettant en garde contre ce genre de description.

Amputé du bras

Non seulement est-ce faux, mais c’est aussi dommageable, à notre avis, de laisser croire au grand public que les progrès récents dans le domaine des membres artificiels ont été si rapides et si remarquables que les nouveaux amputés de guerre peuvent reprendre une vie active, comme s’ils n’étaient pour ainsi dire pas handicapés.

Aujourd’hui, ce genre d’idée fausse prévaut toujours dans la société et l’association continue à dissiper les mythes au sujet de la technologie prothétique.

1944 : L’Association des Amputés de guerre obtient aux personnes amputées d’un bras une prestation pour frais dentaires

À la suite d’une présentation faite par l’Association des Amputés de guerre au comité parlementaire en 1941, le ministère des Anciens Combattants crée un régime de soins dentaires pour les amputés d’un bras. Dans sa présentation, l’association avait expliqué comment de nombreuses personnes amputées d’un bras utilisent leurs dents pour effectuer les tâches courantes, ce qui entraîne inévitablement une grande usure, voire le bris des dents. Résultat : le ministère des Anciens Combattants accorde « de plein droit » une prestation pour frais dentaires aux anciens combattants amputés d’un bras.

1945 : Les membres de l’association accueillent les vétérans amputés à leur retour de la Seconde Guerre mondiale

Aubrey McLean

Lorsque les soldats amputés au cours de la Seconde Guerre mondiale reviennent au pays, les « anciens » sont là pour les accueillir au sein de l’association. Ces nouveaux membres, de même que ceux de la génération de la Première Guerre mondiale, auront contribué énormément au succès de l’organisme tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Ralph Hodgson, qui a perdu une jambe pendant la Première Guerre mondiale, faisait partie des nombreux membres de l’association qui ont accueilli personnellement les soldats amputés (et leur famille) à leur retour de la Seconde Guerre mondiale afin de les informer sur l’Association des Amputés de guerre et leur offrir du soutien. Dans la lettre ci-dessous, il s’adresse à la mère d’Albert Steinhoff, un ancien combattant amputé de la Seconde Guerre mondiale.

Madame,

On m’a informé que votre fils, Albert M. Steinhoff, a récemment perdu sa jambe droite alors qu’il était en service actif. Nous espérons qu’il reviendra bientôt au Canada à bord d’un navire-hôpital. Ayant moi-même été amputé pendant la guerre précédente, je souhaite avoir le privilège de le rencontrer et de l’aider dans sa transition à la vie civile.

J’aimerais ajouter que notre association compte environ 3000 soldats qui ont perdu des membres au cours de la guerre précédente et nous espérons de tout cœur pouvoir aider ces jeunes hommes qui sont aux prises avec des incapacités semblables.

Recevez, Madame, mes salutations distinguées.
Ralph Hodgson, Les Amputés de guerre du Canada

1946 : Lancement du Service des plaques porte-clés

Des employés travaillant à l'atelier protégé

Le Service des plaques porte-clés est instauré en 1946 dans le but de fournir de l’emploi aux anciens combattants amputés à l’atelier protégé et de générer des fonds pour l’association, tout en offrant un précieux service à la population canadienne.

Dès le départ, le nouveau service est un succès. En plus de procurer à l’association une source de revenus pour ses activités, le service permet de faire connaître davantage l’association auprès du public. En attachant une plaque porte-clés à un trousseau de clés ou autre objet de valeur, les Canadiens peuvent s’assurer que ces objets leur seront retournés si jamais ils les perdent.

Au début, les plaques porte-clés sont fabriquées à la main et ressemblent à des plaques d’immatriculation miniatures. En quelques mois seulement, plus de 70 trousseaux de clés perdus sont retournés à leurs propriétaires par la poste.

À ce jour, l’Association des Amputés de guerre a retourné plus de 1,5 million de trousseaux de clés perdus à leurs propriétaires et le Service des plaques porte-clés continue de fournir de l’emploi à des personnes amputées ou handicapées à l’atelier protégé.

Plaques porte-clés Plaques porte-clés

1946 : L’association instaure un cours de conduite pour les anciens combattants amputés

Cours de conduite

En 1946, un cours de conduite pour les membres de l’association est instauré à Toronto. Financé par John Labatt, de La Brasserie Labatt ltée, le cours est supervisé et administré par l’Association des Amputés de guerre.

Cours de conduite

Après neuf heures de cours, y compris une heure de conduite de nuit, les anciens combattants peuvent passer leur examen de conduite et obtenir leur permis. Le cours est aussi offert aux anciens combattants gravement handicapés, y compris les paraplégiques.

Un des premiers membres de l’association à suivre ce cours, Bob McGregor, affirme ce qui suit au Globe and Mail :

Ça change tout de réapprendre à conduire. Savoir manœuvrer une voiture dans n’importe quelles conditions de circulation, cela donne une confiance impossible à décrire. Derrière le volant, on se rend compte qu’on vaut autant que n’importe qui d’autre.

1952 : Un convoyeur automatique permet de fournir l’ensemble du Canada en plaques porte-clés

Grâce à un système d’assemblage mécanisé pour les plaques porte-clés, les personnes amputées qui travaillent au Service des plaques porte-clés peuvent désormais produire 2000 plaques porte-clés à l’heure. En 1952, pour la première fois, le service produit suffisamment de plaques porte-clés pour fournir l’ensemble du pays.

Au fil des ans, le Service des plaques porte-clés a continué à se moderniser en adoptant de nouvelles technologies, tout en demeurant un atelier protégé qui emploie des personnes amputées ou ayant d’autres handicaps. Sous la gouverne de David Saunders, CPA, CA, qui travaille à l’association depuis 1979 à titre de directeur des finances et, à présent, de chef de l’exploitation, l’association a également adopté les meilleurs standards en matière de confidentialité. Elle est certifiée ISO 27001:2013 pour l’exploitation d’un système de gestion de la sécurité de l’information afin de protéger la confidentialité des renseignements relatifs aux donateurs et aux plaques porte-clés.

1957 : Formation d’un comité sur la prothétique

Devant la nécessité d’avoir des membres artificiels plus fonctionnels et de meilleurs appareillages, l’Association des Amputés de guerre crée en 1957 un comité sur la prothétique. À l’époque, certains des adhérents portent des prothèses qui n’ont pas changé depuis les années 1920.

Jambe artificielle

Dès le départ, la bataille est rude. Luttant contre le tabou du handicap, le comité travaille avec acharnement au fil des ans pour faire connaître les besoins et les difficultés des amputés de guerre, dont la majorité est réticente à se « plaindre » des lacunes des membres artificiels. Voici ce que le comité écrit à l’époque :

Nous sommes d’avis que la question des membres artificiels est balayée sous le tapis depuis trop longtemps. Hors de notre propre association et du cercle de nos amis proches, les mots "membre artificiel" sont prononcés à voix basse, ou ignorés.

La conviction que les membres artificiels existants « font l’affaire » nuit aussi au potentiel d’avancement de la technologie prothétique. L’Association des Amputés de guerre combat cette conviction en menant des recherches approfondies pour renforcer les connaissances, se tournant vers les percées internationales au besoin, et devient ainsi experte en la matière.

En 1960, l’association fait campagne pour élargir la gamme de membres artificiels que ses adhérents peuvent se procurer par l’intermédiaire du ministère des Anciens Combattants, affirmant ce qui suit :

Plusieurs personnes amputées se sont procuré leurs propres membres artificiels auprès de sources extérieures; nous suggérons que tous les membres artificiels offerts dans le commerce soient mis à la disposition des amputés de guerre du Canada. Ceux qui ont acheté d’autres membres artificiels en sont satisfaits. Ils n’ont pas de problèmes de moignon, ni mal au dos. Ils n’ont pas besoin de consulter un service de prothétique à tout bout de champ pour faire ajuster leur prothèse, et ce, parce qu’ils ont été bien appareillés. Contrairement à la croyance populaire, on ne doit pas nécessairement souffrir quand on porte un membre artificiel.

Au fil des ans, le comité se bâtit une solide réputation, à la fois comme source d’information pour les personnes amputées et comme porte-parole pour défendre leurs intérêts. Il arrive même que des personnes amputées le consultent de l’étranger, d’aussi loin que l’Égypte.

Le comité est aussi une source d’information incontournable pour le ministère de la Santé nationale et du Bien être social (aujourd’hui Santé Canada), et veille à ce que le gouvernement soit informé de tous les derniers développements en prothétique et en soins de santé pour les personnes amputées.

1957 : L’Association des Amputés de guerre est invitée à joindre un comité consultatif gouvernemental

Le ministre des Anciens Combattants crée un comité consultatif sur les services en matière de prothétique, un groupe indépendant chargé de conseiller le ministère sur les soins prothétiques pour les anciens combattants.

Les quatre grands secteurs liés à la prothétique sont représentés au comité : ingénierie, médecine et chirurgie, production, utilisateurs. Ces derniers sont représentés par l’Association des Amputés de guerre.

1961 : Des adhérents de l’association font l’essai de la jambe Hydra-Cadence

Bras artificiel

1961 : Des adhérents de l’association font l’essai de la jambe Hydra-Cadence

En décembre 1961, la jambe artificielle Hydra-Cadence, avec genou et cheville à contrôle hydraulique, est officiellement approuvée au Canada. L’Association des Amputés de guerre assure la liaison avec les fabricants de la prothèse en Californie et contribue à ce que cette prothèse à la fine pointe de la technologie soit disponible au Canada.

Des membres du comité sur la prothétique de l’association entreprennent de faire l’essai de la jambe artificielle et de communiquer les résultats de cet essai aux adhérents de l’organisme. Tout en admettant que la jambe Hydra-Cadence ne saurait convenir à toutes les personnes amputées, ils constatent qu’elle serait fort utile aux personnes amputées au-dessus du genou qui peuvent la porter. Le recours à l’hydraulique est un jalon important dans la technologie prothétique et elle est toujours utilisée aujourd’hui.

1962 : L’association élargit sa portée

Bras artificiel

1962 : L’association élargit sa portée

Bien que l’association ait été créée pour venir en aide aux anciens combattants amputés, elle commence, en 1962, à élargir son action de manière à soutenir toutes les personnes amputées au Canada, au moyen de son nouveau Programme de liaisons civiles.

Les deux volets du Programme de liaisons civiles – l’un pour les adultes, l’autre pour les enfants – sont les précurseurs du Programme pour adultes amputés et du Programme LES VAINQUEURS qu’on connaît aujourd’hui.

Le programme repose sur la philosophie « les amputés s’entraident », laquelle est au cœur de la mission de l’Association des Amputés de guerre, comme on l’explique dans The Fragment à l’annonce du programme :

Les anciens combattants amputés savent qu’en matière d’amputation, rien ne vaut l’expérience personnelle. Nous espérons donc pouvoir mettre notre vécu et nos connaissances au service des civils qui ont ce point en commun avec nous. Pourquoi pas? Aucun autre groupe n’a notre expérience, et l’association n’a jamais été du genre à dire "vous nous devez quelque chose". Au contraire, nous avons plutôt le sentiment d’avoir une dette envers les autres et le Programme de liaisons civiles nous permettra de payer cette dette.

1963 : Le prix Sidney junior encourage les enfants amputés à adopter une attitude positive

Harold Roberts est nommé “Sidney Junior” en 1963

Dans le cadre du nouveau Programme de liaisons civiles, le prix Sidney junior est créé afin de rendre hommage aux jeunes amputés qui font preuve de courage et d’une attitude positive. Le prix, baptisé en l’honneur du président de l’association, Sidney Lambert, vise aussi à encourager l’esprit d’entraide entre la jeune génération et les anciens combattants amputés.

Le premier prix Sidney junior est remis à Harold Roberts, 8 ans, qui a perdu une jambe l’année précédente dans un accident ferroviaire. Harold a été choisi parce qu’avec son « sourire irrésistible, ses fières réalisations et son esprit enjoué », il saura inspirer d’autres Canadiens qui pourraient du jour au lendemain devoir composer avec la perte d’un membre.

Le Programme LES VAINQUEURS a été créé en 1975 selon les principes du prix Sidney junior. On y retrouve notamment la philosophie fondatrice du « Cercle des Vainqueurs », qui encourage les enfants à accepter leur amputation et à adopter une attitude positive face aux défis qu’ils doivent relever.

1964 : Augmentation de la pension pour les amputés de Syme après 40 ans de lutte

En 1924, après que l’association ait fait des présentations devant les comités gouvernementaux, le gouvernement du Canada avait établi un barème de pensions fixe pour les amputations. Ce changement s’était révélé bénéfique pour la majorité des adhérents de l’association; toutefois, le taux de pension pour une amputation de Syme (une amputation au niveau de l’articulation de la cheville) passait de 50 à 40 %.

En raison de cette baisse du taux de pension, non seulement les amputés de Syme recevaient une compensation moindre, mais en outre, ils n’étaient plus admissibles à deux dispositions importantes : l’augmentation de la pension en raison de l’âge, et la protection pour les veuves des pensionnés décédés d’une condition non liée à leur incapacité. En effet, ces deux dispositions ne s’appliquaient qu’à ceux qui étaient pensionnés à plus de 50 %.

Après 40 ans de lutte pour faire augmenter l’évaluation des amputés de Syme, l’Association des Amputés de guerre atteint enfin son but en 1964. Le taux passe de nouveau à 50 % et les amputés de Syme sont admissibles à l’augmentation d’office de la pension à l’âge de 55 ans et à une protection accrue pour leur veuve.

1964 : Publication du livret Ask the Man Who Has One

Le livret “Ask the Man Who Has One”

1964 : Publication du livret Ask the Man Who Has One

Dans le cadre du nouveau Programme de liaisons civiles, l’Association des Amputés de guerre publie un livret intitulé Ask the Man Who Has One. Le livret procure de l’information et des conseils aux personnes qui sont sur le point de subir une amputation ou qui en ont subi une récemment. Il couvre un large éventail de sujets allant de conseils pratiques sur les soins du membre résiduel et sur les communications avec l’équipe médicale, jusqu’aux moyens de composer avec les effets psychologiques de l’amputation et de garder une attitude positive.

Le livret contient des diagrammes et explique ouvertement les réalités de l’amputation, sur un ton encourageant et positif. Le titre du livret, qu’on pourrait traduire par « Demandez à celui qui sait par expérience », met de l’avant la philosophie qui vaudra à l’Association des Amputés de guerre d’être reconnue comme un centre d’excellence dans les domaines de l’amputation et de la prothétique.

1965 : Cliff Chadderton est nommé chef des services administratifs

Le Lieutenant-colonel Sidney Lambert et H. Clifford Chadderton

1965 : Cliff Chadderton est nommé chef des services administratifs

En 1965, H. Clifford Chadderton est nommé chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre. Ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, il a perdu une jambe en octobre 1944, lorsqu’il combattait pour libérer l’estuaire de l’Escaut en Belgique et en Hollande.

Le Lieutenant-colonel Sidney Lambert et H. Clifford Chadderton

Comptant parmi les membres de longue date de l’association, Cliff Chadderton a eu pour mentor l’ancien président de l’organisme, Sidney Lambert, et il était bien au fait de la situation des amputés de guerre grâce à sa participation active aux initiatives de l’association. On lui attribue aussi d’être le précurseur de la création du Programme de liaisons civiles en 1962.

Sous la gouverne de Cliff Chadderton, l’association alors exclusivement axée sur les anciens combattants devient un établissement de bienfaisance représentant toutes les personnes amputées, au Canada.

Pendant les années où il occupe le poste de chef des services administratifs, plusieurs programmes bien connus de l’Association des Amputés de guerre sont établis, notamment LES VAINQUEURS, JOUEZ PRUDEMMENT, Les mères solidaires et ENVOL.

Clifford Chadderton saluant de la main

Cliff Chadderton, que bien des gens au Canada surnomment « monsieur Vétéran », demeurera en poste comme chef des services administratifs de l’association pendant quarante-quatre ans, soit de 1965 à 2009. Ce faisant, il obtiendra la reconnaissance pour son rôle influant en tant qu’instigateur de programmes et services novateurs destinés aux amputés de guerre, aux amputés civils et aux enfants amputés. Il sera aussi un ardent défenseur des intérêts des anciens combattants.

Bien des années auparavant, en 1939, Cliff Chadderton s’était enrôlé au sein du régiment Royal Winnipeg Rifles, où il était passé de sous-officier à commandant de compagnie. Vétéran du jour J, il perdit une partie de sa jambe droite en 1944. Il commandait alors une compagnie de son régiment qui luttait pour libérer l’estuaire de l’Escaut en Belgique et en Hollande.

À son retour au pays, l’Association des Amputés de guerre l’avait accueilli parmi ses adhérents. Très actif en tant que membre de l’organisme, il y avait occupé diverses fonctions avant d’entrer en poste à titre de chef des services administratifs.

Dans le cadre de ses fonctions, au nom du CNAAC et de l’Association des Amputés de guerre, il se présentera devant des centaines de tribunaux établis par Anciens Combattants Canada, en quête d’améliorations des régimes de prestations de pension et d’allocations pour les anciens combattants et leur famille, insistant sur l’importance d’accorder la priorité aux anciens combattants gravement handicapés. Spécialiste de l’histoire et de l’évolution de la législation relative aux anciens combattants au Canada et ailleurs dans le monde, il se présentera à plusieurs reprises devant des comités de la Chambre des communes et du Sénat, faisant des exposés et formulant des recommandations concernant des modifications législatives visant à améliorer le bien-être des anciens combattants canadiens.

Cliff Chadderton pose avec ses médailles
Cliff Chadderton avec un enfant
Cliff Chadderton

Il se donnera aussi pour mission de veiller à la préservation de l’intégrité et de la réputation des anciens combattants canadiens, en donnant une voix à leurs préoccupations entourant la controversée série télévisée La bravoure et le mépris et le documentaire sur Billy Bishop, The Kid Who Couldn’t Miss.

Au cours de sa vie, tant personnelle que professionnelle, Cliff Chadderton recevra de nombreux honneurs. Il sera fait Compagnon de l’Ordre du Canada; on lui décernera l’Ordre de l’Ontario; il sera intronisé au Temple du courage des anciens combattants et au Temple de la renommée Terry Fox; il sera fait chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur de France; il recevra la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants, le Prix de la Banque Royale attribué pour une réalisation canadienne et la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.

À ses yeux, sa plus grande réalisation demeurera la création du Programme pour enfants amputés (LES VAINQUEURS). Ce dernier et les autres programmes d’aide aux personnes amputées établis sous sa gouverne constituent son héritage.

Cliff Chadderton s’éteint en 2013, à l’âge de 94 ans. Son décès est alors souligné par d’innombrables témoignages, partout au pays, notamment dans les réseaux de télévision nationaux et les journaux. Le député Steven Fletcher et le ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino, lui rendent alors hommage à la Chambre des communes, ce qui donne lieu à une ovation de la Chambre. En 2016, un lac situé aux environs du mont Duck, dans le sud-ouest du Manitoba, sa province natale, est nommé lac Chadderton en son honneur.

1965 : Le comité Woods formule des recommandations au sujet des pensions versées aux anciens combattants

Le comité d’enquête sur l’organisation et le travail de la Commission canadienne des pensions, appelé le comité Woods, du nom de son président, est créé en 1965 pour étudier la législation relative aux pensions versées aux anciens combattants.

Présidé par l’ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, le juge Mervyn Woods, le comité se penche sur la Loi sur les pensions et sur le travail de la Commission canadienne des pensions. Le chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre, Cliff Chadderton, en est le secrétaire et directeur administratif.

Dans son rapport définitif, en trois volumes, le comité présente pour la première fois aux anciens combattants une explication complète et détaillée de pratiquement tous les articles de la Loi sur les pensions et formule 148 recommandations pour améliorer la loi et son application, notamment l’augmentation de l’allocation pour les personnes amputées de plusieurs membres; la non-interruption du versement de l’allocation pour soins pendant un séjour à l’hôpital; l’augmentation de l’allocation pour soins et l’élargissement des critères d’admissibilité; l’augmentation de cinquante pour cent de l’allocation vestimentaire pour ceux qui sont amputés bilatéraux; la reconnaissance des invalidités secondaires; la restauration de la pension pour certaines veuves remariées. Sur les 148 recommandations, 130 reçoivent l’appui du comité parlementaire et, par conséquent, des modifications considérables sont apportées à la Loi sur les pensions.

Comité Woods

1972 : L’Association des Amputés de guerre recommande une formation spécialisée pour les « appareilleurs »

Dès 1961, l’Association des Amputés de guerre recommandait qu’une formation spécialisée soit donnée, par exemple par des universités reconnues, aux « appareilleurs » (qu’on appelle aujourd’hui prothésistes certifiés) qui travaillaient dans les divers centres de prothétique au Canada. En général, ces appareilleurs étaient eux-mêmes des personnes amputées qui avaient embrassé le métier, mais sans avoir reçu de formation uniforme ou de formation médicale.

Par conséquent, ces appareilleurs avaient des capacités limitées. Or, l’une des plus grandes difficultés auxquelles étaient confrontées les personnes amputées consistait à obtenir un bon appareillage et une prothèse fonctionnelle et durable.

L’industrie avait grand besoin de normalisation et de réglementation; d’où la création du Conseil canadien de la certification des prothésistes et orthésistes (qui fusionnera plus tard avec l’Association canadienne des prothésistes et orthésistes pour former Orthèse Prothèse Canada).

1972 : Le Service des étiquettes-adresse est instauré

En 1972, l’association crée le Service des étiquettes-adresse. Ce dernier procure du travail douze mois par an aux personnes handicapées qui travaillent à l’atelier protégé. Ainsi, chaque année à l’automne, les donateurs reçoivent par la poste des étiquettes-adresse saisonnières autocollantes pour les remercier de leur appui.

Étiquettes-adresse

1975 : Le Programme LES VAINQUEURS est instauré

Cliff avec une Vainqueure

1975 : Le Programme LES VAINQUEURS est instauré

Comme les programmes existants répondent bien aux besoins des anciens combattants amputés, ces derniers décident de mettre leurs connaissances et leur expérience au service des enfants canadiens qui doivent composer avec une amputation.

Le Programme pour enfants amputés (LES VAINQUEURS) voit le jour dans la lignée du Programme de liaisons civiles et du prix Sidney junior, lequel encourage les enfants amputés à être positifs et à faire preuve de courage. Grâce au Programme LES VAINQUEURS, les enfants amputés reçoivent les membres artificiels dont ils ont besoin et sont encouragés à adopter la devise des anciens combattants amputés : « C’est ce qui reste qui compte ».

À notre retour de la Seconde Guerre mondiale, tout était là pour nous : un service de prothèses pour les amputés, ainsi qu’une solide organisation pour défendre nos droits. Mais nous nous sommes demandé : "Que fait-on lorsqu’un enfant perd une jambe? Qui défendra les droits de tous ces enfants?" Nous avons donc créé le Programme LES VAINQUEURS.

Cliff Chadderton, chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre

Depuis sa création, le Programme LES VAINQUEURS vient en aide aux enfants amputés, quelle que soit la cause de leur amputation – congénitale, médicale, accidentelle. Aujourd’hui, ce programme offre toujours un éventail de services, notamment de l’aide financière pour l’achat de membres artificiels, des séminaires régionaux et du soutien moral. Le programme repose sur la philosophie du Cercle des Vainqueurs, qui incite les enfants amputés à accepter leur amputation et à adopter une attitude positive face aux défis qu’ils doivent relever.

1975 : L’Association des Amputés de guerre se porte à la défense des vétérans gravement handicapés

Cour d’appel fédérale

Dans les années 1970 et 1980, l’association a joué un rôle de premier plan en initiant plusieurs audiences d’interprétation devant le Conseil de révision des pensions, ce qui a mené à une interprétation plus libérale de la législation relative aux anciens combattants, et ce, dans diverses catégories d’avantages. Ces changements dans l’interprétation de la Loi sur les pensions ont significativement amélioré la sécurité financière des anciens combattants sérieusement handicapés, en particulier les amputés de guerre.

En 1975, l’association porte en appel devant la Cour d’appel fédérale une décision du Conseil de révision des pensions. Cette intervention judiciaire historique aboutit à un jugement marquant éliminant de la Loi sur les pensions la discrimination envers les vétérans sérieusement handicapés en ce qui concerne les politiques d’augmentation de la pension en fonction de l’âge et du handicap.

En 1980, l’association retourne devant la Cour d’appel fédérale et réussit une fois de plus à élargir considérablement l’interprétation et l’application des dispositions de l’allocation d’incapacité exceptionnelle de la Loi sur les pensions. Ceci mène à une application plus généreuse de l’allocation et à un accès à des catégories d’allocation plus élevées. Ce succès aura un effet bénéfique à vie pour tous les amputés de guerre et les vétérans gravement handicapés du Canada.

Enfin, en 1985, une nouvelle directive concernant l’allocation d’incapacité exceptionnelle est établie grâce aux efforts collaboratifs de la Commission canadienne des pensions et des représentants de l’Association des Amputés de guerre, à savoir son chef des services administratifs, Cliff Chadderton, et son conseiller juridique, Brian Forbes. Cette directive continue aujourd’hui d’apporter de meilleurs avantages aux amputés de guerre et elle constitue une part intégrale de l’enveloppe financière de la Loi sur les pensions en ce qui concerne les vétérans sérieusement handicapés.

1976 : Karl Hilzinger devient conseiller sportif pour le Programme LES VAINQUEURS

Karl enseignant le ski

Karl Hilzinger, surnommé Karlo, athlète de la Ligue canadienne de football pendant 10 ans et adepte de ski et de golf après la saison de football, a perdu ses deux jambes au-dessus des genoux dans un accident de la route en 1964. Une fois rétabli, Karl est déterminé à trouver de nouvelles façons de pratiquer les activités qu’il aime et devient un pionnier du sport chez les personnes amputées. Il conçoit lui-même ses prothèses et met au point des techniques qui vont lui permettre de poursuivre ses passions.

En 1976, Karl se joint à l’Association des Amputés de guerre à titre de conseiller sportif. Inspiré par la devise des anciens combattants amputés selon laquelle « c’est ce qui reste qui compte », il décide d’adopter cette dernière.

Fidèle à la philosophie « les amputés s’entraident », Karl partage son amour du sport avec les Vainqueurs de tout le Canada en assistant aux séminaires LES VAINQUEURS et en donnant des cours de golf et de ski. C’est l’une de ces sessions de cours que l’on voit dans le film Par-delà les pentes, dans lequel Karl enseigne le ski à un groupe de jeunes Vainqueurs au mont Tremblant. Avec cette vidéo inspirante, l’association cherchait à inciter d’autres Vainqueurs à se lancer dans la pratique du ski alpin, un sport plein de défis.

En vedette dans des messages d’intérêt public de l’Association des Amputés de guerre, Karl est devenu le « skieur au costume argenté ». Il est décédé le 15 décembre 1988, mais son attitude positive et sa détermination inspirent encore les Vainqueurs aujourd’hui.

1976 : Première du char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

Le char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

Grâce à sa relation continue avec son conseiller sportif, Karl Hilzinger, un ancien joueur de la Ligue canadienne de football, l’Association des Amputés de guerre fait défiler son premier char allégorique en 1976, à l’occasion du défilé de la Coupe Grey. Des Vainqueurs de chacune des provinces prennent place sur le char allégorique aux côtés de Karl.

Le char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

La participation de l’association au défilé devient une tradition annuelle et contribue à développer l’approche « d’enfant à enfant » en matière de sécurité. Par la suite, avec la création officielle du Programme JOUEZ PRUDEMMENT, en 1978, le char allégorique devient un élément propre à ce programme et l’Association des Amputés de guerre participe à de nombreux défilés d’un bout à l’autre du pays.

Le char allégorique de l’Association des Amputés de guerre

Aujourd’hui, le char allégorique de l’association, avec ses éléments accrocheurs qui mettent les enfants en garde contre les dangers qui les entourent, demeure un moyen efficace de promouvoir la sécurité auprès de milliers de spectateurs dans les diverses villes du pays.

1977 : L’Association des Amputés de guerre est représentée au conseil d’administration de la Société internationale de prothèse et orthèse

Des représentants de l’Association des Amputés de guerre assistaient au congrès de la Société internationale de prothèse et orthèse (ISPO) depuis 1963. L’ISPO est composée de divers professionnels de la santé qui œuvrent dans les domaines de la prothétique et de l’orthétique, depuis les chirurgiens jusqu’aux prothésistes, en passant par les physiothérapeutes.

Au congrès de 1977, l’association présente l’article « Prothèses, douleur et séquelles de l’amputation, telles que vues par la personne amputée », qui donne le point de vue unique du consommateur à ce groupe de professionnels de la santé. Pour illustrer avec exactitude les besoins des personnes amputées, l’association avait mené une étude auprès de 19 organisations d’anciens combattants, dans 14 pays.

Résultat de cette impressionnante présentation : le chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre, Cliff Chadderton, est nommé au conseil d’administration de l’ISPO en 1977.

1977 : Lancement du film Prosthetics – Yes… Bionics – Maybe!!

Après le congrès international de prothétique, l’Association des Amputés de guerre lance un film intitulé Prosthetics – Yes… Bionics – Maybe!!, qui parle des activités du congrès et fait le point sur la prothétique. En produisant ce film, l’association voulait s’assurer que l’information de partout dans le monde au sujet des nouveautés en matière de technologie prothétique serait transmise ici afin d’améliorer la prothétique pour les Canadiens amputés. On peut y voir des entrevues avec des chefs de file de l’industrie et on y découvre la dernière technologie, celle qui se rapproche le plus du biomimétisme, aussi appelé bionique : les mains et bras myoélectriques.

Le film présente un grand intérêt non seulement pour les personnes amputées et leur famille, mais aussi pour le grand public. À cette époque, on voit beaucoup de portraits irréalistes de la technologie prothétique dans des émissions de télévision populaires et au cinéma. Comme on l’expliquait dans The Fragment :

Il ne faut pas blâmer un public conditionné par la télévision s’il en est venu à croire que les miracles existent. Quand on prononce le mot "amputation", le public pense tout de suite au biomimétisme.

Le film Prosthetics – Yes… Bionics – Maybe!! donne l’heure juste aux spectateurs à propos de la technologie disponible.

1978 : Lancement du Programme JOUEZ PRUDEMMENT, axé sur l’approche « d’enfant à enfant »

Devant le grand nombre d’enfants inscrits au Programme LES VAINQUEURS parce qu’ils ont perdu un membre à la suite d’un accident survenu pendant qu’ils jouaient, l’association crée le Programme JOUEZ PRUDEMMENT. Adoptant l’approche « d’enfant à enfant » pour transmettre un message de sécurité, le programme vise à faire prendre conscience aux enfants des dangers présents dans leur environnement. En faisant des présentations dans leur école, en tenant des kiosques, en prenant place à bord du char allégorique JOUEZ PRUDEMMENT et en participant à des messages d’intérêt public télédiffusés à l’échelle du pays, les Vainqueurs demandent aux autres enfants de repérer les dangers avant de commencer à s’amuser.

1980 : Armand Viau devient le conseiller en prothétique de l’association

Armand Viau - conseiller en prothétique

Toujours dans le souci de fournir à ses adhérents de l’information actuelle et des ressources utiles, l’Association des Amputés de guerre engage le prothésiste Armand Viau comme consultant en 1980.

Avec beaucoup de générosité, monsieur Viau offrait déjà bénévolement ses précieux conseils à l’association depuis 1972 mais, en 1980, les besoins sont devenus tels que l’association décide d’officialiser son partenariat avec lui afin que les adhérents puissent avoir recours à ses services selon leurs besoins.

Au fil des ans, monsieur Viau se rend indispensable, assistant fréquemment aux séminaires LES VAINQUEURS pour transmettre de l’information et répondre aux questions et préoccupations des Vainqueurs et de leur famille.

Monsieur Viau a été l’un des grands spécialistes de la prothétique au pays. Il avait son propre atelier de prothétique et a apporté de nombreuses innovations dans ce domaine, dont ont pu profiter les personnes amputées du Canada et d’ailleurs dans le monde. En outre, monsieur Viau a fondé l’Association canadienne des prothésistes et orthésistes, dont il a été le premier président, et a créé le premier conseil de certification.

1980 : L’Association des Amputés de guerre aux côtés de Terry Fox

Terry Fox

1980 : L’Association des Amputés de guerre aux côtés de Terry Fox

Quand Terry Fox courait son Marathon de l’espoir à travers le Canada, sa jambe artificielle était soumise à rude épreuve. Lorsque Terry est arrivé à la rivière des Outaouais, sa jambe le faisait beaucoup souffrir. L’association est alors intervenue en dirigeant Terry vers son consultant en prothétique, Armand Viau, qui l’a appareillé avec une nouvelle jambe artificielle et une jambe de rechange, toutes les deux offertes gracieusement par l’Association des Amputés de guerre.

La jambe de Terry Fox

1981 : Tenue du premier Séminaire LES VAINQUEURS

C’est en mai 1981, à Burlington, en Ontario, que le premier Séminaire LES VAINQUEURS a eu lieu. Les participants ont pu assister à différentes séances, notamment une séance destinée à prodiguer des conseils aux parents et une autre portant sur la prothétique. Par ailleurs, des périodes de jeux et d’apprentissage ont été organisées pour les Vainqueurs.

Le séminaire a pris de l’ampleur au fil du temps et, de nos jours, plusieurs séminaires régionaux ont lieu chaque année dans différentes villes du pays. La tradition de mentorat entre les Vainqueurs, les plus vieux conseillant les plus jeunes, a été instaurée dès le début dans l’esprit de la philosophie « les amputés s’entraident ».

Les séminaires ont également permis de renforcer l’esprit du Cercle des Vainqueurs, qui encourage ces derniers à accepter leur amputation et à adopter une attitude positive devant les obstacles qu’ils rencontrent.

Premier Séminaire LES VAINQUEURS

Depuis le premier séminaire, le Programme LES VAINQUEURS a contribué à rassembler les enfants amputés, et leurs parents, de petites et grandes villes. Pour bon nombre de Vainqueurs, un séminaire régional est la première occasion de rencontrer d’autres personnes amputées. Il s’agit d’une expérience marquante, car les Vainqueurs et leurs parents apprennent qu’ils ne sont pas seuls à devoir composer avec l’amputation.

1981 : Lancement du Programme INFO-INDEMNITÉ

La création du Programme INFO-INDEMNITÉ avait pour but d’offrir de l’information juridique et du soutien aux familles des Vainqueurs qui avaient été blessés par suite d’un acte fautif et pour lesquels une réclamation pour dommages était possible.

À l’association, on constatait qu’il était fréquent que des parents ne connaissent pas bien leurs droits. Le principal objectif du programme était donc d’abord d’offrir de l’information aux parents et à leurs avocats. En outre, à l’occasion, Cliff Chadderton a été appelé à témoigner devant des tribunaux de partout au Canada, à titre d’expert au sujet des questions touchant l’amputation.

Au fil du temps, la réputation de l’association a pris de l’ampleur à l’échelle nationale, et de plus en plus de familles ont frappé à sa porte pour obtenir de l’aide et des renseignements. En 1984, l’Association des Amputés de guerre recevait fréquemment des appels de cabinets juridiques qui représentaient des clients amputés; ceux-ci estimaient que les données statistiques de l’association étaient très précieuses pour assurer à leur cas une issue positive.

Le Programme INFO-INDEMNITÉ a poursuivi sa croissance et est par la suite devenu Équité pour les personnes amputées, un programme qui existe toujours aujourd’hui.

1982 : L’Association des Amputés de guerre ouvre un bureau au Québec

En plus du siège social de l’Association des Amputés de guerre, à Ottawa, et du Service des plaques porte-clés, à Toronto, le bureau du Québec a été implanté en 1982 afin de mieux répondre aux besoins de la population de cette province. L’ouverture de ce bureau a permis à l’association de joindre un plus grand nombre de francophones afin de leur offrir ses programmes et services destinés aux personnes amputées, notamment le Programme LES VAINQUEURS, dans le cadre duquel un séminaire annuel et d’autres activités sont organisés. Sous la gouverne de Marlène Girard, directrice générale du bureau du Québec depuis 1984, ce bureau continue d’offrir des services aux donateurs ainsi que des programmes à l’intention des personnes amputées.

1983 : Début d’une tradition entre l’Association des Amputés de guerre et la LCF

En 1983, l’Association des Amputés de guerre et la Ligue canadienne de football (LCF) ont donné le coup d’envoi à une tradition toute particulière : le prix JOUEZ PRUDEMMENT, qui salue le soutien de la Ligue au programme du même nom. Cette collaboration a pris la forme d’un message d’intérêt public diffusé pour la première fois lors de la transmission de la finale de la Coupe Grey, qui avait lieu à Vancouver. On estime que ce message a été vu dans les trois quarts des foyers du pays. Le Vainqueur Shawn, un garçon de 10 ans amputé d’un bras, y était mis en vedette aux côtés de l’ancienne étoile de la LCF Karl Hilzinger, lui aussi amputé, et du commissaire de la Ligue canadienne de football, Jake Gaudaur.

À l’époque, Cliff Chadderton, le chef des services administratifs, s’était lié d’amitié avec Jake Gaudaur, un ancien combattant comme lui. En tant que commissaire, Jake Gaudaur s’est engagé personnellement à soutenir le message JOUEZ PRUDEMMENT. Il allait voir périodiquement les enfants amputés qui participaient aux défilés de la Coupe Grey, et il les invitait aux matchs. De nos jours, ce lien étroit qui s’est tissé entre l’association et la LCF demeure solide.

Au fil du temps, bon nombre d’étoiles de la LCF ont aidé les Vainqueurs à transmettre le message JOUEZ PRUDEMMENT, notamment Doug Flutie, Miles Gorrell, Pierre Vercheval, Mike O’Shea, Milt Stegall et Ben Cahoon, tous membres du Temple de la renommée. Chaque année, un nouveau message d’intérêt public est diffusé en première à l’Action de grâce, pendant la transmission des matchs de football sur TSN ou RDS, puis durant les séries éliminatoires et à la finale de la Coupe Grey, qui attire des millions de téléspectateurs d’un océan à l’autre.

Visionner d’autres messages JOUEZ PRUDEMMENT – LCF.

1983 : L’association soutient la recherche sur les pieds artificiels pour enfants

Conformément à l’engagement pris envers les enfants amputés par l’intermédiaire du Programme LES VAINQUEURS, l’Association des Amputés de guerre soutient la recherche, le développement et l’essai pratique de pieds artificiels pour enfants.

L’association voyait bien qu’il était nécessaire d’adapter les membres artificiels aux besoins particuliers des enfants amputés. En effet, avant 1983, les pieds artificiels qui leur étaient destinés étaient essentiellement des répliques en miniature des modèles pour adultes. Ils ne tenaient pas compte des besoins des enfants, de leurs activités et de leur poids.

1984 : Entrée en scène d’ASTAR, le symbole de la sécurité

Dessin d'ASTAR

Dans les années 1980 et au début des années 1990, les enfants qui regardaient les dessins animés du samedi matin connaissaient bien ASTAR, le robot doré qui provenait de la planète Danger. Vedette d’un message d’intérêt public (MIP) sur la sécurité, destiné aux enfants, ASTAR a été créé pour plaire aux jeunes, déjà captivés par les séries de science-fiction de l’époque et les personnages de La Guerre des étoiles. Dans ce MIP, ASTAR vole, virevolte et fait des pirouettes, esquivant habilement de dangereuses machines en mouvement, des perceuses et des fils, jusqu’à ce que la lame d’une scie tranche son bras, qui est projeté dans une explosion de fumée et d’étincelles. Après avoir replacé son bras, il lance un message percutant : « Je suis ASTAR, un robot. Moi, je peux remettre mon bras, vous pas. JOUEZ PRUDEMMENT. » ASTAR a laissé un souvenir impérissable à une génération d’enfants qui ont vu ce MIP pendant leur jeunesse.

Les effets spéciaux du MIP ont aussi suscité un grand intérêt auprès des adultes, qui se demandaient comment ce MIP, en particulier la prestation d’ASTAR, avait été réalisé. Personnage mémorable, ASTAR fait bel et bien partie de la culture populaire du Canada.

1984 : Création du Programme Les mères solidaires

Le Programme Les mères solidaires est instauré après que la mère d’un Vainqueur eut confié à Cliff Chadderton que lorsqu’elle avait appris l’amputation de son enfant, elle aurait bien aimé avoir les conseils d’une autre mère ayant déjà vécu la même chose.

Nous avons écouté et, rapidement, nous avons créé Les mères solidaires dans le cadre du Programme LES VAINQUEURS. Maintenant, lorsque survient une naissance ou un accident impliquant la perte ou l’absence d’un membre, nous organisons un jumelage, et la mère reçoit la visite de quelqu’un qui a appris à vivre avec la situation.

Cliff Chadderton

Le Programme Les mères solidaires rapproche les familles, de sorte que les nouveaux Vainqueurs et leurs parents reçoivent de l’information et du soutien, ce qui les aide à envisager l’avenir avec optimisme.

1984 : Publication du premier magazine LES VAINQUEURS

Le Magazine LES VAINQUEURS
Le bulletin LES VAINQUEURS

Nous sommes en 1984 et, depuis la création du Programme LES VAINQUEURS, en 1975, le nombre d’adhérents a considérablement augmenté. L’association doit donc trouver de nouvelles façons de favoriser la communication avec les familles des Vainqueurs. Le magazine LES VAINQUEURS a alors été créé. Ce magazine, qui est plus tard devenu « le bulletin LES VAINQUEURS », vise à informer les familles des activités du Programme LES VAINQUEURS, à les renseigner sur les nouveautés en matière de prothétique ainsi qu’à leur transmettre de l’information pertinente sur l’amputation.

Aujourd’hui, ce bulletin demeure une ressource précieuse qui permet aux familles de garder le contact. De plus, il est une grande source d’encouragement pour les jeunes amputés, car ces derniers peuvent y lire les réalisations d’autres enfants qui leur ressemblent.

1985 : Lancement de la série JAMAIS PLUS LA GUERRE!

Cliff Chadderton, le chef des services administratifs, est allé à la rencontre d’associations d’anciens combattants et s’est rendu dans des cimetières militaires partout dans le monde. C’est ce qui lui a inspiré la série JAMAIS PLUS LA GUERRE! En effet, à la suite de son expérience, il s’est aperçu que nous avions besoin d’un programme pour honorer ceux qui ont servi leur pays et pour dissiper les mythes véhiculés par Hollywood dans des films qui glorifient la guerre.

Les vidéos JAMAIS PLUS LA GUERRE! visaient à renseigner les jeunes au sujet des horreurs des conflits armés, à leur raconter des expériences vécues par des anciens combattants et à leur rappeler les sacrifices des soldats canadiens.

D’abord une série en quatre parties, la collection JAMAIS PLUS LA GUERRE! a été enrichie jusqu’à compter une trentaine de documentaires et à constituer une série portant sur l’héritage militaire canadien. Ces productions ont été diffusées par des chaînes communautaires d’un bout à l’autre du pays. Présentés par Cliff Chadderton, tous ces documentaires contiennent bon nombre de séquences d’archives.

1986 : Repérer les dangers grâce à LA MARCHE AXÉE SUR LA PRUDENCE

En 1986, l’association a lancé LA MARCHE AXÉE SUR LA PRUDENCE, une initiative du Programme JOUEZ PRUDEMMENT qui vise à montrer aux enfants les dangers potentiels dans leur quartier. En prenant le temps d’observer leur environnement immédiat du point de vue des enfants, les adultes peuvent enseigner aux jeunes à reconnaître les dangers et à éviter les accidents et les blessures.

Ce programme a été inspiré par une lettre publiée dans un journal, dans laquelle un père décrivait l’accident mortel de son fils causé par des lignes électriques. Il confiait : « Il est trop tard pour Shawn, mais j’implore tous les parents : s’il vous plaît, repérez les dangers dans votre voisinage. Faites la marche que j’ai omis de faire. »

1987 : Les enfants amputés lancent un appel aux adultes : « PRUDENCE AU VOLANT! »

Le logo PRUDENCE AU VOLANT

1987 : Les enfants amputés lancent un appel aux adultes : « PRUDENCE AU VOLANT! »

Lorsqu’on a constaté que l’amputation de plusieurs Vainqueurs était attribuable à des accidents de la route qui auraient pu être évités, l’Association des Amputés de guerre a instauré PRUDENCE AU VOLANT, un message que les jeunes amputés adressent aux conducteurs en adoptant une approche « d’enfant à adulte » afin de faire la promotion de la conduite sécuritaire.

Pour diffuser son message, l’association offre de l’information sur la conduite préventive ainsi qu’un autocollant PRUDENCE AU VOLANT que l’on peut apposer sur la vitre arrière d’un véhicule. Ce message figure aussi sur toutes les plaques porte-clés de l’Association des Amputés de guerre.

1987 : Formation du Groupe de travail sur la thalidomide

Groupe de travail sur la thalidomide

La thalidomide, un médicament prescrit au Canada au début des années 1960 pour traiter la nausée et l’insomnie chez les femmes enceintes, a eu des effets secondaires tragiques. En effet, des malformations ou l’absence de membres, la surdité, des cardiopathies et d’autres anomalies sont apparues chez quelque 120 bébés dont la mère avait pris le médicament.

En 1987, l’Association des Amputés de guerre procède à la formation du Groupe de travail sur la thalidomide, qui se penchera sur les besoins des victimes canadiennes de la thalidomide. Présidé par Cliff Chadderton, chef des services administratifs, le groupe publie un rapport, en 1989, dans lequel il fait valoir la responsabilité du gouvernement fédéral de dédommager les victimes. Ce rapport exhaustif souligne notamment les lacunes du gouvernement quant au processus de sélection des nouveaux médicaments, l’inaction devant les premières preuves des effets indésirables de la thalidomide ainsi que la lenteur à retirer le médicament du marché.

Brian Forbes, avocat de l’association, représente les victimes de la thalidomide du Canada dans une requête au Comité des droits de l’homme des Nations Unies, exposant à un niveau international le manquement du gouvernement du Canada, afin de contraindre le gouvernement à reconnaître la réclamation. En fin de compte, après des négociations étendues, un dédommagement est accordé aux victimes de la thalidomide, en 1990, et le gouvernement du Canada verse des sommes forfaitaires allant de 52 000 $ à 82 000 $. L’Association des Amputés de guerre considère alors ce dédommagement comme un point de départ et soutient que le gouvernement se doit de répondre aux besoins futurs des victimes, y compris sur le plan financier.

Vingt-quatre ans plus tard, le gouvernement du Canada consent au versement de 125 000 $ en paiements forfaitaires. En 2015, le gouvernement annonce aussi le versement de pensions annuelles pouvant aller jusqu’à 100 000 $, selon le degré d’invalidité – une percée majeure dans cette dure lutte.

1987 : L’esprit olympique incarné dans Les Vainqueurs de Nakiska

Dans ce film produit par l’Association des Amputés de guerre, dix-sept enfants amputés, provenant de partout au Canada, sont réunis pour former l’équipe de ski des Vainqueurs et dévaler les pentes de la station Nakiska, dans les Rocheuses albertaines, là où les épreuves alpines des Jeux olympiques d’hiver de Calgary auront lieu l’année suivante. Les Vainqueurs, d’âges et d’habiletés variés, ont été entraînés par le conseiller sportif du Programme LES VAINQUEURS, Karl « Karlo » Hilzinger, amputé des deux jambes. Le film présente aussi des membres artificiels innovateurs pour le ski et un dispositif pour les personnes âgées amputées d’une jambe conçu par Cliff Chadderton, le chef des services administratifs de l’association.

Ce film ne porte pas seulement sur le ski. Dans la scène finale, les skieurs portent sur leurs vêtements des lettres formant les mots « CHAMP » (LES VAINQUEURS) et « NEVER AGAIN » (JAMAIS PLUS LA GUERRE). Les skieurs qui formaient le mot « CHAMP » représentaient le principe olympique d’excellence par la détermination. L’expression « NEVER AGAIN » rappelait l’engagement de l’Association des Amputés de guerre à transmettre le message du Souvenir tout en faisant écho au véritable esprit olympique – à savoir, propager l’amitié et promouvoir la paix ainsi que la compréhension entre les nations en réunissant des athlètes de tous les pays.

L’équipe de ski est retournée à Nakiska l’année suivante pour participer à la cérémonie d’ouverture des épreuves féminines de ski. Avec à leur tête Karlo et le jeune Vainqueur Chris Koch, né sans bras ni jambes, les Vainqueurs ont descendu la montagne en serpentant. Une prestation inspirante pour les milliers de spectateurs.

1989 : L’Association des Amputés de guerre reçoit le statut d’ONG auprès de l’ONU

Tout en livrant ses batailles pour l’indemnisation des victimes canadiennes de la thalidomide et des anciens prisonniers de guerre canadiens en Extrême-Orient, l’Association des Amputés de guerre a obtenu un statut consultatif aux Nations Unies (ONU) à titre d’organisation non gouvernementale (ONG). Les ONG obtiennent ce statut si elles œuvrent dans le domaine des droits de la personne et luttent contre les violations de ces droits et des libertés fondamentales. Ce statut permet à l’association d’aider les personnes amputées à l’échelle internationale et de présenter, au besoin, des mémoires aux organismes responsables des droits de l’homme à l’ONU.

Ce statut est accordé aux organisations qui possèdent des connaissances spécialisées particulières dans un domaine, qui pourraient être utiles au Conseil économique et social de l’ONU. En tant qu’organisme de défense des droits des personnes handicapées depuis près de 70 ans au moment du dépôt de sa candidature, l’Association des Amputés de guerre était la mieux placée pour offrir cette aide.

L’équipe de délégués mandatée par l’Association des Amputés de guerre était composée de John Humphrey, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, du Dr Gustave Gingras, président honoraire de la Fondation canadienne des droits de la personne et spécialiste de la réadaptation reconnu mondialement, de Brian Forbes, conseiller juridique de l’association et ardent défenseur des questions relatives au droit international et aux droits de la personne, ainsi que de Cliff Chadderton, le chef des services administratifs de l’association.

1991 : Les Vainqueurs transmettent le message du Souvenir

Événement commémoratif

Le succès de la série de documentaires JAMAIS PLUS LA GUERRE!, créée pour dissiper les mythes véhiculés par Hollywood dans des films qui glorifient la guerre, a inspiré un nouveau programme : Opération « héritage ».

Dans le cadre de celui-ci, des Vainqueurs transmettent le message des amputés de guerre sur les horreurs de la guerre aux jeunes générations. Ils participent à des dépôts de couronnes, à des cérémonies à la chandelle et à d’autres événements commémoratifs. De plus, ils sensibilisent le public en animant des présentations, en tenant des kiosques et en envoyant des lettres aux journaux locaux et nationaux.

Leur devise est : « Ce fut leur guerre; c’est maintenant notre héritage. »

1991 : Création d’ENVOL, destiné aux enfants ayant plusieurs amputations

Une Vainqueure utilisant un ordinateur

Au début des années 1990, reconnaissant l’ordinateur personnel comme « élément égalisateur » pour les enfants ayant plusieurs amputations ou qui sont amputés à un haut niveau, l’association commence à offrir à ces « Super Vainqueurs » de l’aide financière pour l’achat d’ordinateurs et d’appareils auxiliaires dans le cadre d’un nouveau programme nommé ENVOL.

Fournis en tant qu’outils pédagogiques, les ordinateurs et les imprimantes permettent aux Super Vainqueurs de tenir le rythme à l’école, en particulier pour la rédaction de rapports et la préparation d’autres travaux écrits. En outre, le fait de leur offrir très tôt de la formation informatique améliore leurs possibilités d’emploi futures et leur autonomie à l’âge adulte.

Des séminaires régionaux destinés aux Super Vainqueurs ont également été instaurés pour répondre aux besoins uniques des enfants ayant plusieurs amputations. On y offre des séances particulières et du contenu non couvert dans les séminaires réguliers.

1995 : La nouvelle catégorie « vétérans gravement handicapés » est reconnue par ACC

L’Association des Amputés de guerre, avec à sa tête Cliff Chadderton, chef des services administratifs, et Brian Forbes, conseiller juridique de l’organisme, obtient une amélioration majeure auprès d’Anciens Combattants Canada. En effet, elle réussit à faire ajouter une nouvelle catégorie, « vétérans gravement handicapés », dans les lois, règlements et politiques du Ministère, un changement qui continue aujourd’hui à profiter aux amputés de guerre.

Ce changement reconnaît une catégorie spécifique aux vétérans qui reçoivent une pension d’invalidité à un taux de plus de 78 % (dans les faits, tous les amputés de guerre), ce qui les rend automatiquement admissibles aux avantages de soins de santé et de soins de longue durée comme conséquence de leurs affections, qu’elles ouvrent droit à pension ou non.

ACC reconnaît donc désormais que l’interaction entre l’amputation et les autres affections donnant droit et ne donnant pas droit à pension produit un effet d’accumulation sur l’invalidité du vétéran.

Depuis plus de 20 ans, cette catégorie spécifique a eu un effet extrêmement positif pour garantir que les amputés de guerre obtiennent sans délai les avantages auxquels ils ont droit alors qu’ils sont confrontés aux ravages de l’âge et qu’ils ont besoin de plus de soutien.

1996 : Entrée de l’Association des Amputés de guerre dans l’ère numérique

Il était normal que l’association, à titre de centre d’excellence au Canada et de source centrale d’information fiable et à jour sur les technologies prothétiques, soit présente sur le Web, afin de rendre ses nombreuses ressources encore plus accessibles au grand public. De nos jours, le site contient une mine de renseignements sur tous les aspects du quotidien d’une personne amputée, y compris la prothétique, les saines habitudes de vie, la douleur au membre fantôme, les niveaux d’amputation et les termes techniques importants.

1998 : Indemnité accordée aux anciens prisonniers de guerre d’Extrême-Orient

En 1987, l’Association des Amputés de guerre a entrepris une bataille qui allait durer 11 ans afin que les anciens combattants canadiens qui avaient subi des traitements horribles sur ordre du gouvernement japonais pendant la Seconde Guerre mondiale soient indemnisés.

L’association a exploré plusieurs avenues pour obtenir une indemnisation. Le gouvernement japonais a éludé la demande, faisant valoir que la signature de l’accord de paix en 1952 entre le Canada et le Japon invalidait la réclamation. En 1987, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies a conclu que la question ne relevait pas de sa compétence.

En 1993, Brian Forbes, le conseiller juridique de l’association, s’est présenté devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU, cette fois pour obtenir réparation du gouvernement du Canada. La stratégie était de provoquer « une organisation coupable d’ignominies » pour obliger les gouvernements japonais et canadien à tenir compte de la réclamation en exposant devant un tribunal international leur échec à reconnaître les sérieuses dérogations à la Convention de Genève, les mauvais traitements, la torture et les graves violations des droits humains dont avaient souffert les anciens combattants de Hong Kong.

Dans sa demande de 1993, l’Association des Amputés de guerre faisait valoir que le gouvernement canadien avait contrevenu au droit international en omettant de protéger les intérêts des anciens prisonniers de guerre et avait été négligent dans son refus d’appuyer la revendication auprès du gouvernement japonais. À l’instar de son homologue nippon, le gouvernement du Canada soutenait que le différend avait été réglé à la signature du traité de paix de 1952. Le comité de l’ONU a finalement conclu qu’il ne pouvait donner suite à la demande, parce que toutes les solutions possibles n’avaient pas été explorées à l’échelle nationale.

Ainsi, en 1996, l’Association des Amputés de guerre a présenté un mémoire à un comité parlementaire. Ce dernier a par la suite soumis un rapport au ministre des Anciens Combattants dans lequel il recommandait au gouvernement de verser des indemnités et de demander ensuite un remboursement au gouvernement du Japon.

Le 11 décembre 1998, le gouvernement canadien a enfin versé les indemnités pour des motifs humanitaires; chaque ancien combattant de Hong Kong ou sa veuve a reçu 24 000 $. Parmi les 1300 anciens prisonniers de guerre ayant survécu à cette guerre, quelque 350 vétérans et 500 veuves étaient encore en vie.

En 2011, les anciens prisonniers de guerre d’Extrême-Orient ont reçu les excuses tant attendues du gouvernement japonais pour les abus et les violations des droits de la personne qu’il avait commis pendant la Seconde Guerre mondiale.

1999 : Établissement du Centre d’information pour les personnes amputées

Brochures

Possédant des dizaines d’années d’expérience en soutien aux Canadiens amputés, l’Association des Amputés de guerre ouvre officiellement le Centre d’information pour les personnes amputées afin d’offrir aux amputés et à leur famille une source fiable et accessible de renseignements à jour.

Gratuite, pratique et facile à comprendre, l’information offerte est recueillie au cours de colloques sur la prothétique, par des contacts directs avec des fabricants et des professionnels de l’orthétique et de la prothétique, ou tirée de journaux ou de livres médicaux.

L’expertise de l’Association des Amputés de guerre, en sa qualité de centre d’excellence dans le domaine de l’amputation et de la prothétique au Canada, est également cruciale pour le gouvernement et les organismes qui assurent la prestation de soins et de services aux personnes amputées. Ces organismes comptent sur les connaissances de l’association pour prendre des décisions éclairées.

Puisqu’elle n’est ni une entreprise de prothétique ni un groupe de professionnels de la santé, l’Association des Amputés de guerre offre une perspective singulière et objective sur les enjeux du quotidien d’une personne amputée, et représente ainsi véritablement les besoins des individus. L’association défend avec ferveur les intérêts de tous les Canadiens amputés.

2000 : Versement d’une indemnité aux anciens combattants de la marine marchande en reconnaissance des avantages perdus

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les membres de la marine marchande canadienne ont transporté des troupes, des munitions, du carburant et des marchandises essentielles de toutes sortes. En plus de devoir confronter des dangers inhérents aux déplacements maritimes, les navires de la marine marchande étaient la cible des sous-marins, des contre-torpilleurs, des aéronefs et des corsaires ennemis. Les pertes étaient nombreuses : un marin marchand sur sept mourait en service.

Marine marchande

Malgré ses déclarations voulant que la contribution de la marine marchande au cours de la Seconde Guerre mondiale ait été équivalente à celle des forces armées, au terme de la guerre, le gouvernement canadien n’a pas reconnu les marins marchands comme des anciens combattants, leur refusant ainsi tout avantage.

Les anciens membres de la marine marchande ont finalement reçu le statut officiel d’ancien combattant – et les avantages afférents – en 1992, mais cette reconnaissance n’a pas remédié à la perte des avantages auxquels ils auraient eu droit de 1945 à 1992.

Dans un mémoire soumis en 1997 au Sous-comité sénatorial des anciens combattants, le Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada (dont l’Association des Amputés de guerre est un membre fondateur), alors présidé par Cliff Chadderton, le chef des services administratifs des Amputés de guerre, demandait que les anciens combattants de la marine marchande soient entièrement indemnisés pour les avantages qu’ils auraient dû recevoir entre 1945 et 1992.

Une pleine indemnisation n’a pas été accordée, mais, en 2000 et en 2001, le gouvernement a annoncé qu’il verserait un total de plus de 100 millions de dollars aux anciens combattants canadiens de la marine marchande et aux épouses survivantes en reconnaissance de la perte d’avantages pendant toutes ces années.

2001 : Plaidoyer pour les veuves d’anciens combattants gravement handicapés

L’Association des Amputés de guerre soutient depuis longtemps que la veuve d’un ancien combattant gravement handicapé qui recevait la pension et les prestations maximales en vertu de la Loi sur les pensions devrait recevoir le revenu mensuel que son mari aurait reçu s’il lui avait survécu. À l’époque, les pressions financières étaient énormes pour les femmes dans cette situation, puisque leur revenu chutait brutalement à la mort de leur mari. En effet, le taux de base était réduit et les prestations du mari disparaissaient.

Veuves

Même si c’est le mari qui vit avec un handicap, sa femme consacre beaucoup de temps à lui prodiguer des soins. En reconnaissance de ces aidantes naturelles, l’Association des Amputés de guerre a porté cet enjeu devant le ministère des Anciens Combattants, la Commission canadienne des droits de la personne, la Cour de justice de l’Ontario et, lorsque cette dernière a statué qu’elle ne pouvait modifier la loi, la Cour d’appel de l’Ontario. L’Association des Amputés de guerre a ensuite lancé une vaste pétition pancanadienne pour enjoindre au gouvernement de réparer cette injustice.

À la suite de cette longue démarche à travers l’appareil judiciaire, l’Association des Amputés de guerre a commencé d’importantes négociations avec ACC et finalement, en 2003, le ministre des Anciens Combattants a annoncé que les veuves des anciens combattants qui étaient morts le ou après le 13 mai 2003 continueraient de recevoir les prestations du Programme pour l’autonomie des anciens combattants, pour obtenir des services d’entretien du terrain ou d’entretien ménager. Toutefois, les veuves des anciens combattants morts avant cette date n’avaient pas droit au même soutien. L’association, qui avait lutté pour que les veuves d’anciens combattants gravement handicapés aient toutes droit au même soutien, s’est opposée avec véhémence à ce système à deux vitesses. Finalement, ses efforts ont porté leurs fruits, et la Chambre des communes a amendé la motion en octobre 2003, pour supprimer la disposition qui excluait certaines veuves.

2002 : Dépôt d’une réclamation à l’ONU au nom des anciens combattants autochtones

Au moins 4000 membres des Premières Nations du Canada se sont portés volontaires pour servir le pays au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 3000 pendant la Seconde et plusieurs centaines durant la guerre de Corée. Parmi ceux-ci, quelque 500 ont perdu la vie au cours de ces conflits. Et ces chiffres n’incluent pas les Inuits, les Métis et les Indiens non inscrits qui ont contribué aux efforts de guerre du pays.

Même s’ils ont obtenu accès aux programmes de réadaptation après la guerre, les anciens combattants autochtones n’ont pu en profiter pleinement. En effet, comme les mesures de réadaptation ne tenaient pas compte de la situation particulière des peuples autochtones au Canada, les membres de ces communautés n’ont pu avoir accès à la formation professionnelle, à la propriété des terres, aux études postsecondaires, à l’embauche préférentielle et aux primes offertes aux propriétaires d’entreprise.

Le 21 juin 2002, Anciens Combattants Canada a offert une enveloppe d’indemnisation de 39 millions de dollars à 1800 Indiens inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens qui étaient retournés vivre dans leur réserve après leur service pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. Toutefois, les Métis, les Inuits et les Indiens non inscrits n’étaient pas visés par cette offre; en tout, quelque 3000 personnes n’avaient eu droit à aucune indemnité.

Puisque l’enveloppe d’indemnisation du gouvernement fédéral ne s’appliquait qu’aux Indiens inscrits vivant dans une réserve, le Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada (CNAAC), présidé par Cliff Chadderton, le chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre, a déposé une réclamation devant le Comité des droits de l’homme des Nations Unies pour obtenir justice.

Dans sa réclamation préparée par le conseiller juridique de l’association, Brian Forbes, le CNAAC faisait valoir que le gouvernement canadien avait agi de façon discriminatoire en offrant des prestations de réadaptation sans tenir compte de la situation particulière des anciens combattants autochtones dans les lois, les règlements ou les procédures adoptés. Il demandait des subventions spéciales de 7500 $ par année pour les périodes de service au Canada seulement et de 15 000 $ par année pour les périodes de service dans un théâtre de guerre.

En 2006, l’Association des Amputés de guerre a fait parvenir un avis aux députés et aux sénateurs dans l’espoir d’en arriver à un règlement, après 15 années de requêtes soumises au nom des anciens combattants autochtones.

De nos jours, l’Association des Amputés de guerre, avec le soutien du CNAAC, poursuit sa mission et continue d’appuyer les anciens combattants autochtones en maintenant sa réclamation contre le gouvernement canadien afin que ces vétérans soient indemnisés pour les prestations qui leur ont été refusées à la suite de leur service au cours de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée.

2009 : Cliff Chadderton prend sa retraite

Après quarante-quatre ans de service en tant que chef des services administratifs de l’Association des Amputés de guerre et des décennies passées à veiller sans relâche aux intérêts des anciens combattants du Canada, Cliff Chadderton prend sa retraite à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

Cliff Chadderton était déterminé à ce que les programmes mis en œuvre par les amputés de guerre, à leur retour au pays, continuent d’exister. Il a fait preuve de prévoyance en instaurant, quelques années auparavant, une solide équipe chargée de poursuivre la tradition « les amputés s’entraident » dans le second siècle d’existence de l’association. En 2005, le conseil national d’administration a procédé à l’établissement d’un comité de direction composé de Cliff Chadderton, de Brian Forbes, conseiller juridique de l’association depuis 1975, et de David Saunders, travaillant à l’association depuis 1979, d’abord comme directeur des finances, puis à titre de chef de l’exploitation (poste qu’il occupe encore aujourd’hui).

Cliff Chadderton

En 2009, au moment du départ à la retraite de Cliff Chadderton, le conseil national d’administration adopte le plan opérationnel proposé par ce dernier, soit d’assurer la continuité au moyen du comité de direction composé de messieurs Forbes et Saunders. Brian Forbes prend alors la responsabilité de la présidence, en ce qui a trait à la gouvernance et à l’administration des programmes caritatifs de l’association. Brian Forbes, qui a eu le privilège de travailler étroitement avec Cliff Chadderton pendant près de trente-cinq ans, est une sommité dans le domaine de la législation relative aux anciens combattants. Il continue aussi d’agir en tant que conseiller juridique pour le compte de l’Association des Amputés de guerre, en plus d’occuper la présidence du Conseil national des associations d’anciens combattants au Canada. Le comité de direction est secondé par un sous-comité de direction, composé de Danita Chisholm, directrice générale des communications et du Programme LES VAINQUEURS, de Lorraine Cornelius, directrice générale de la sensibilisation du public, et de Darlene Quesnel, directrice générale des activités internes. Quant au bureau du Québec de l’association, le poste de directrice générale est occupé par Marlène Girard.

Par ailleurs, la représentation régionale d’un bout à l’autre du pays a toujours fait partie intégrante de la structure organisationnelle de l’association, conformément à ce qui a été établi dans sa constitution. Dès les premières années d’existence de l’association, les amputés guerre, grâce aux succursales régionales, ont pris en main un travail important, à savoir rejoindre tous les amputés et leur fournir du soutien à l’échelle communautaire. Dans une perspective d’avenir, cette représentation d’un océan à l'autre se poursuivra grâce au travail de représentants régionaux qui sont à présent des doyens du Programme LES VAINQUEURS et qui ont un engagement de longue date ainsi qu’un dévouement manifeste envers l’association. Ces ambassadeurs de l’association contribueront à la poursuite de la mission de l’organisme.

Ce que les amputés de guerre ont commencé à bâtir à leur retour de la Première Guerre mondiale constitue aujourd’hui un précieux héritage qui continue de prendre de l’expansion et d’évoluer pour répondre aux besoins particuliers des personnes amputées ˗ anciens combattants, adultes civils et enfants. L’œuvre de l’Association des Amputés de guerre englobe à présent un large éventail de questions touchant les personnes amputées, qu’il s’agisse de leur procurer de l’aide financière pour les membres artificiels dont elles ont besoin pour vivre en toute autonomie, de leur donner une voix pour faire entendre leurs droits, et de bien d’autres choses encore.

2009 : L’association offre son soutien aux amputés de guerre de l’ère moderne

Amputés de guerre de l’ère moderne

2009 : L’association offre son soutien aux amputés de guerre de l’ère moderne

En 2009, un nouveau groupe d’amputés de guerre revient d’Afghanistan. Forte de ses près de 100 ans d’expérience, l’Association des Amputés de guerre tend la main aux anciens combattants de l’ère moderne pour les aider dans leur transition, leur faire profiter de son expertise et s’assurer qu’ils connaissent et reçoivent les prestations et les services auxquels ils ont droit. Avec l’aide de l’association, la navigation dans les méandres bureaucratiques pour obtenir ces prestations et services est simplifiée et accélérée.

2010 : Le magazine The Fragment de l’association devient At your service… (en anglais) et À votre service... (en français)

Les magazines The Fragment et À votre service

2010 : Le magazine The Fragment de l’association devient At your service… (en anglais) et À votre service... (en français)

Près de 90 ans après sa création, le magazine The Fragment, destiné aux anciens combattants amputés et à leur famille, devient At your service… (en anglais) et À votre service… (en français). La publication continue de jeter des ponts entre les membres de tout le pays et de leur fournir de l’information pertinente sur les pensions et les lois ayant trait aux anciens combattants, ainsi que sur d’autres sujets d’intérêt.

Pour souligner le 95e anniversaire de l’association et commémorer sa longue et riche histoire, The Fragment a repris son titre original en 2013, le temps d’un numéro spécial qui contenait une belle collection d’anciens articles illustrant le rôle important que le magazine a joué au sein de l’association depuis ses jeunes années.

2014 : Lancement du Programme Équité pour les personnes amputées

Depuis sa fondation, à la fin de la Première Guerre mondiale, l’association lutte pour protéger les droits des anciens combattants amputés et dénoncer les injustices qu’ils subissent. En 2014, les ressources et efforts consacrés à ces activités de défense sont désormais regroupés au sein du Programme Équité pour les personnes amputées.

Par ce programme, l’Association des Amputés de guerre soutient les personnes amputées qui ont été victimes de discrimination ou soumises à une lourdeur administrative en tentant d’obtenir de l’aide financière ou de faire respecter leurs droits. Équité pour les personnes amputées vise aussi à améliorer la vie des amputés de guerre ainsi que de l’ensemble des enfants et adultes amputés, au Canada. Par l’intermédiaire de ce programme, l’association s’emploie à ce que les iniquités et les lacunes qu’elle relève dans divers domaines soient corrigées : couverture insuffisante pour les appareils prothétiques, assurances (publiques et privées), questions d’ordre juridique, droits de la personne et prestations gouvernementales.

2014 : Officialisation de la relation de travail avec le MDN

Pour transmettre son expertise au sujet de tous les aspects du quotidien d’une personne amputée et pour appuyer les amputés de guerre avant leur libération, l’Association des Amputés de guerre conclut un partenariat de collaboration avec le ministère de la Défense nationale (MDN). Ce partenariat contribuera à offrir à tous les anciens combattants amputés les meilleurs membres artificiels afin de mieux répondre à leurs besoins.

2014 : Le siège social a maintenant pour nom : Édifice H.-Clifford-Chadderton

L'Édifice H. Clifford Chadderton

2014 : Le siège social a maintenant pour nom : Édifice H.-Clifford-Chadderton

En hommage à la vie et à la contribution du regretté Cliff Chadderton, ancien chef des services administratifs des Amputés de guerre, le siège social de l’association, à Ottawa, a maintenant pour nom : Édifice H.-Clifford-Chadderton.

2014 : L’Association des Amputés de guerre demande une réforme de la Nouvelle Charte des anciens combattants

Adoptée en 2006, la Nouvelle Charte des anciens combattants a métamorphosé la manière dont le gouvernement fédéral assure la prestation de son soutien financier aux anciens combattants. Les groupes de vétérans ont vertement critiqué la nouvelle charte depuis sa promulgation. Malgré de fréquents appels en faveur d’une réforme, plusieurs des lacunes de la charte n’ont toujours pas été comblées.

Nouvelle Charte des anciens combattants

En 2014, le Conseil national des associations d’anciens combattants (CNAAC), dont l’Association des Amputés de guerre est un membre fondateur, a présenté un mémoire au Comité permanent des anciens combattants, dans lequel il accusait le gouvernement d’avoir failli à ses engagements de mettre à jour la nouvelle charte lorsque des lacunes et d’autres points controversés ont été constatés. C’est en raison de la promesse de réforme, manifeste dans la description du document par le gouvernement, qui qualifiait cette charte de « charte évolutive », que les anciens combattants ont accepté la loi. Le mémoire du CNAAC contenait dix recommandations pour combler les lacunes de la charte.

À la suite du mémoire de 2014 et d’un examen minutieux de la charte par d’autres groupes d’anciens combattants, le gouvernement canadien a annoncé des modifications. Pour l’Association des Amputés de guerre, il ne s’agissait que de « demi-mesures », puisque les recommandations formulées par le CNAAC, le Comité permanent des anciens combattants et d’autres groupes consultatifs n’avaient pas été entièrement mises en application.

De nouveau, en 2015, le CNAAC, présidé par Brian Forbes, président du comité de direction de l’Association des Amputés de guerre, a présenté des recommandations exhaustives au Comité permanent des anciens combattants relativement à la nature incomplète du projet de loi C 58/59 qui avait été déposé devant le Parlement et a décrit les failles de la charte, qui n’ont toujours pas été comblées.

L’association, avec le soutien du CNAAC, continue de faire pression sur le gouvernement afin qu’il comble les lacunes de la charte et en corrige les iniquités. En plus de participer aux sommets des anciens combattants, elle fait partie de quatre des six groupes consultatifs du ministère des Anciens Combattants, incluant le Groupe consultatif sur les politiques, dont Brian Forbes est coprésident.

La disparité importante entre la Loi sur les pensions et la Nouvelle Charte des anciens combattants en ce qui a trait aux indemnités financières demeure une épine dans le pied que le gouvernement ne réussit pas à traiter, ayant plutôt décidé d’adopter une attitude attentiste dans son décevant budget fédéral de 2017.

Si la philosophie soutenue par ACC « un vétéran ‒ une norme » signifie quelque chose, le gouvernement doit saisir le moment et améliorer la Nouvelle Charte des anciens combattants afin de s’assurer qu’aucun vétéran ne reçoive moins d’indemnités en vertu de la nouvelle charte qu’un autre vétéran ayant la même invalidité ou incapacité, mais dont les indemnités sont versées en vertu de la Loi sur les pensions. Éliminer cette disparité afin de s’assurer que tous les anciens combattants handicapés reçoivent les mêmes indemnités demeure pour l’Association des Amputés de guerre une mission en cours, et ce, avec le soutien apporté au ministre d’ACC par le CNAAC et par le Groupe consultatif sur les politiques relatives aux vétérans.

2015 : Annonce d’un partenariat de collaboration avec ACC

À la suite de sa participation à la révision des politiques d’Anciens Combattants Canada (ACC) en matière de prothétique et des seize séances d’information sur le même sujet offertes au personnel d’ACC par l’Association des Amputés de guerre en 2014, cette dernière a officialisé sa collaboration avec le Ministère en 2015. À titre de centre d’excellence en ce qui a trait à la vie quotidienne d’une personne amputée, l’association est en mesure de transmettre son expertise et de communiquer des renseignements essentiels pour mieux répondre aux besoins des anciens combattants amputés.

2015 : Officialisation de la collaboration avec Orthèse Prothèse Canada

Dans la foulée de son engagement à rehausser les normes en matière de soins aux personnes amputées, l’Association des Amputés de guerre a officialisé sa collaboration avec Orthèse Prothèse Canada (OPC) en 2015. Les deux organismes travaillent de concert pour que les personnes amputées reçoivent sans délai les soins de santé les plus appropriés, fondés sur les connaissances les plus à jour.

2016 : La « croisade pour une réforme » s’amorce

Par son travail de plaidoyer entrepris en faveur des personnes amputées, l’Association des Amputés de guerre a permis de mettre au jour un certain nombre de lacunes en ce qui a trait au financement prothétique, tant par le système de santé public que par les assureurs privés. De nombreux Canadiens seraient renversés d’apprendre que les régimes de santé provinciaux ou d’assurance-maladie ne couvrent pas adéquatement les membres artificiels et que plusieurs provinces n’offrent aucun financement.

Visite chez le prothésiste

L’Association des Amputés de guerre comble les lacunes là où elle le peut, mais en tant qu’organisme de bienfaisance comptant sur les dons du public, il y a une limite à ce qu’elle peut accomplir avec les fonds à sa disposition. Par conséquent, sa « croisade pour une réforme » s’est amorcée afin de veiller à ce que les normes de soutien financier offert par les gouvernements provinciaux et les assureurs privés soient améliorées.

Un membre artificiel adapté et médicalement requis constitue un investissement dans la santé de la personne amputée, car il est démontré que ce dernier réduit l’incidence des complications à long terme et les coûts qui y sont associés, notamment les lésions attribuables aux mouvements répétitifs, les chutes et les fractures.

La « croisade pour une réforme » vise à informer les organismes gouvernementaux et de financement sur la nécessité médicale des membres artificiels afin que les personnes amputées puissent recevoir les membres artificiels dont elles ont besoin pour assurer leur autonomie, leur sécurité et leur protection.

Au moment où l’Association des Amputés de guerre s’apprête à entamer son deuxième siècle d’existence, elle doit encore livrer bataille en ces temps modernes pour faire en sorte que les besoins de toutes les personnes amputées soient comblés, tout comme elle a lutté et lutte toujours pour les anciens combattants depuis 1918.

2018: Célébrations du centenaire

Le logo du 100ème anniversaire

Il reste encore beaucoup à faire afin de voir à ce que les personnes amputées bénéficient des membres artificiels dont elles ont besoin pour vivre une vie active en toute autonomie. Le Programme LES VAINQUEURS, unique en son genre dans le monde, et les nombreux autres programmes essentiels de l’association, aident plus de personnes amputées que jamais. Grâce au fidèle appui du public au Service des plaques porte-clés, l’héritage de l’Association des Amputés de guerre se poursuivra encore longtemps.

Un garçon jouant dans des jeux d'eau
Des anciens combattants et un enfants assis sur un banc de parc
Deux Vainqueurs échangeant