Défendre les intérêts des personnes amputées
L’Association des Amputés de guerre défend les droits et intérêts des personnes amputées canadiennes, et se fait la voix de celles qui sont victimes de discrimination ou qui font face à des lourdeurs bureaucratiques dans leurs tentatives d’obtenir des soins de santé et des prestations gouvernementales ou de faire respecter leurs droits.
Œuvrer pour une amélioration du financement des prothèses au Québec et en Ontario
Au cours des dernières années, l’association a mené des campagnes de sensibilisation auprès de plusieurs provinces afin d’améliorer le financement offert par les régimes d’assurance maladie provinciaux aux personnes amputées afin qu'elles puissent obtenir les membres artificiels qui leur ont été médicalement prescrits.
Au Québec, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a rejeté la réclamation de l’un de nos adhérents pour l’obtention d’un appareil se fixant à sa main partiellement amputée. En 2024, nous avons constitué un dossier en collaboration avec son avocat afin de contester cette décision, malheureusement sans succès.
« L’Association des Amputés de guerre est profondément déçue par la décision du tribunal dans cette affaire, qui constitue un cas de discrimination en matière de droits de la personne au motif du handicap. Le refus par la RAMQ de couvrir le coût de cette prothèse médicalement nécessaire reflète un problème systémique plus large dans le financement provincial au Québec. »
Louis Bourassa, directeur des programmes et du développement philanthropique (Québec)
Nous avons néanmoins poursuivi nos efforts de sensibilisation en adressant une lettre à la RAMQ et au ministre de la Santé afin de leur démontrer comment leurs refus de financer des prothèses médicalement nécessaires portent atteinte à la dignité et à la sécurité des personnes amputées de la province. En décembre dernier, nous avons reçu une réponse du cabinet du ministre. Ce dernier affirme prendre en considération nos préoccupations et reconnaître la nécessité d’apporter des changements et nous propose une rencontre afin de discuter plus en détail des lacunes que nous avons relevées, ce qui est une nouvelle encourageante.
Dans la même veine, l’association a plaidé en faveur d’une réforme du Programme d’appareils et accessoires fonctionnels (PAAF) de l’Ontario, qui est extrêmement désuet. Récemment, un questionnaire du gouvernement a été envoyé aux individus qui portent des membres artificiels et reçoivent un soutien financier de la part du PAAF. Cependant, son contenu nous a posé problème, car il révélait une méconnaissance de la réalité de la vie avec une amputation et semblait également critiquer l’industrie de la prothétique et ses professionnels.
À notre avis, cela pourrait entraîner involontairement des changements négatifs en ce qui concerne le financement offert par le PAAF. En novembre, nous avons soumis une lettre officielle au PAAF et au ministère de la Santé de l’Ontario pour les informer de nos préoccupations. En décembre, nous avons reçu une réponse du ministère nous invitant à une rencontre afin d’approfondir la discussion au sujet de nos observations et d’étudier les possibilités d’une réforme.
Nous continuerons de promouvoir l’amélioration du financement des soins prothétiques au Québec et en Ontario, ainsi que dans tout le Canada, afin de faire en sorte que les personnes amputées reçoivent les membres artificiels dont elles ont besoin au quotidien.
Offrir du soutien aux personnes amputées en situation précaire
La perte d’un membre à l’âge adulte est bouleversante. L’état de santé, la mobilité et la situation financière se trouvent grandement affectés au cours de la période d’adaptation à cette nouvelle réalité. Pour plusieurs personnes, en particulier celles qui ont des revenus modestes, il est impossible de faire face à une dépense imprévue telle qu’un membre artificiel coûtant plusieurs milliers de dollars. Dans le cadre de notre Programme Équité pour les personnes amputées, les adhérents et adhérentes de l’association qui ont de la difficulté à couvrir le coût de leur membre artificiel peuvent bénéficier d’un soutien financier supplémentaire. Nous offrons aussi notre assistance dans les cas les plus critiques qui répondent à certains critères.
Cette année, nous avons offert une aide financière accrue à 388 adultes amputés pour couvrir le coût de leurs membres artificiels et les aider à répondre à leurs besoins de base, pour un total de 981 104 $.
L’un de nos adhérents nous a demandé de l’aide pour financer un appareil généralement utilisé pour l’entraînement musculaire. Cet homme de 33 ans, qui a une amputation partielle de la main, souhaitait s’en servir comme membre artificiel de tous les jours puisqu’il est muni d’une pince réglable pouvant tenir des objets de différentes tailles, et qu’il serait utile pour effectuer des tâches quotidiennes telles que le ménage et des travaux de jardinage. De plus, cet appareil lui servirait dans le cadre de son emploi et lui permettrait de faire de l’exercice, favorisant ainsi un mode de vie actif.
Malheureusement, cet adhérent ne bénéficie pas d’une assurance privée et réside au Nouveau-Brunswick, où aucune aide financière provinciale n’est offerte pour les soins prothétiques. Son revenu sert presque exclusivement à couvrir ses dépenses de base, lui laissant peu d’argent en surplus. Compte tenu de sa situation financière et des effets positifs que cet appareil aurait sur sa vie et sa carrière, l’association est intervenue et a pris en charge la somme de 1 952 $ pour l’achat de cet appareil.
Un autre cas à souligner est celui d’un homme de 62 ans qui a subi l’amputation de ses jambes en 2025 à la suite de problèmes de santé. La mobilité peut s’avérer très difficile pour les personnes amputées des jambes. Cet adhérent avait besoin de deux aides à la vie quotidienne pour faciliter sa vie de tous les jours, soit un fauteuil roulant adapté pour la douche et pour l’utilisation de la toilette ainsi qu’un fauteuil roulant électrique ultraléger qui réduirait la charge physique pour la personne proche aidante.
Compte tenu de sa situation financière, le coût de ces aides aurait été désastreux pour notre adhérent puisqu’il n’a pas accès à un soutien financier provincial ou à des assurances privées.
Nous avons versé une somme de 3 539 $ pour couvrir le coût de ces deux aides à la mobilité afin d’améliorer sa santé physique et mentale, tout en allégeant le fardeau qui repose sur la personne proche aidante.
Nos efforts pour obtenir des résultats positifs liés aux assurances
Lorsqu’une personne perd un membre, elle pourrait s’attendre à ce que son régime d’assurance maladie provincial ou privé couvre entièrement le coût de son membre artificiel médicalement prescrit, comme c’est le cas pour d’autres frais de santé. Malheureusement, nous constatons que c’est rarement le cas. L’une de nos campagnes de sensibilisation de longue date vise à conscientiser les assureurs et les régimes provinciaux de soins de santé sur la réalité de la vie avec une amputation et le coût réel des membres artificiels. Pour ce faire, nous intervenons souvent dans des cas individuels afin de susciter des changements à grande échelle en faveur de toutes les personnes amputées.
Cette année, l’un de nos adhérents adultes s’est vu refuser le remboursement d’un membre artificiel muni d’un genou à microprocesseur par son assureur privé, alors qu’il avait obtenu une préapprobation pour un montant de 20 800 $. L’assureur a déclaré que l’approbation initiale était une erreur et a demandé que l’agence de financement provinciale fournisse une lettre de refus officielle, conformément à sa politique de recourir d’abord au financement provincial.
En décembre, l'association s'est impliquée dans cette affaire et a rédigé une lettre à l'intention de l'assureur, précisant que l’agence provinciale de soins de santé ne versera aucune somme puisqu’elle ne couvre pas les genoux à microprocesseur, et que conformément à sa politique, elle n’émettra pas de documentation officielle attestant d’un refus de financement. Après avoir examiné la police d’assurance de notre adhérent, nous avons également rappelé à l’assureur que l’assuré avait droit à 80 pour cent du coût total du membre artificiel, sans aucune exclusion, et qu’il devait donc recevoir 69 797 $ au lieu des 20 800 $ initialement indiqués.
Cette personne se sert de son membre artificiel depuis plus de 15 ans. En raison de la préapprobation initiale, son nouveau membre artificiel avait déjà été fabriqué par son prothésiste, lui laissant une somme considérable et inattendue à régler.
L’association a reçu une réponse de l’assureur juste avant la fin de l’année, qui, une fois de plus, interprétait de manière erronée la police d’assurance de notre adhérent et ne répondait pas à nos préoccupations. Nous maintenons notre engagement à défendre les intérêts de notre adhérent afin de tenir responsable l’assureur lorsqu’il lui incombe de payer, et nous espérons obtenir bientôt une résolution favorable.