De l'enfance à l'âge adulte
Les questions auxquelles font face la famille d'un enfant amputé changent au cours de sa croissance. Les préoccupations d'un parent ne sont pas les mêmes lorsque son enfant entre à la garderie que lorsqu'il entre au secondaire ou au cégep. En déterminant à l'avance quelques-une des préoccupations qui pourraient survenir, les familles peuvent se préparer à leur faire face et à être ainsi plus confiantes.
Quand un enfant amputé n'est encore qu'un bébé ou un tout petit enfant, ce sont les parents et les autres membres de la famille qui doivent faire face aux problèmes que peut entraîner l'amputation. Les regards insistants de certaines personnes ainsi que les questions et les commentaires qui surgissent quand l'enfant se trouve en public en sont des exemples. Les parents doivent aussi s'habituer à travailler avec les professionnels qui s'occuperont de leur enfant, ce qui peut en intimider certains puisqu'il s'agit de situations nouvelles. Sachez qu'il n'y a pas de questions stupides. Écrivez toutes les questions qui vous viennent à l'esprit et pour lesquelles vous souhaitez obtenir une explication lors de votre prochain rendez-vous. C'est le seul moyen qui vous rendra confiants quant aux soins à donner à votre enfant.
Les familles doivent adopter une attitude positive. Il est important que les frères et sœurs de l'enfant amputé sachent comment aborder certains problèmes. Il y aura des moments, il faut bien le reconnaître, où les parents souhaiteront ne pas avoir à les aborder; mais s'ils le font en demeurant ouverts et positifs, tous ceux qui côtoient l'enfant adopteront une attitude semblable.
C'est au moment où l'enfant atteint l'âge de deux ou de trois ans qu'il commence à s'exprimer et à poser des questions au sujet de sa « différence ». Les parents peuvent alors préparer l'enfant à répondre à certaines questions que l'on pourrait lui poser, particulièrement s'il va à la garderie ou à la maternelle. Apprendre à l'enfant à répondre à des questions qui ne lui ont pas encore été posées le rendra plus confiant lorsque cette situation se présentera. Plutôt que d'être désarçonné par les questions, il aura des réponses toutes faites s'il se fait taquiner. Dans le cas des très jeunes enfants, il est préférable de se contenter d'explications très simples. Il sera toujours temps de leur donner des détails plus tard, quand ils seront en mesure de comprendre.
L'entrée à l'école est un moment excitant, mais qui peut s'avérer angoissant pour les parents. Le Programme LES VAINQUEURS a préparé à leur intention la Trousse d'information pour l'entrée à l'école afin de les aider. On y trouve de judicieux conseils, certains destinés aux parents désireux de faire une présentation devant la classe, ainsi que deux documents vidéo intitulés Bien dans ma peau et Prothétique cinétique. Les présentations permettent aux camarades de classe d'obtenir des réponses à toutes leurs questions. L'enfant amputé n'aura donc pas à répondre constamment aux mêmes interrogations.
Préadolescence et adolescence
Au cours de cette période, les personnes amputées ont plusieurs préoccupations. L'image corporelle et les relations personnelles, l'entrée à l'école, l'obtention d'un emploi et la conduite n'en sont que quelques-unes.
Il peut arriver soudainement que de jeunes amputés, pour qui l'amputation n'a jamais présenté de problèmes, deviennent plus sensibles ou éprouvent de la gêne quant à leur condition. Arrivés à un âge où l'image corporelle est importante, ces jeunes ne veulent pas que leur amputation soit visible et ne désirent pas en parler avec les autres. Il se peut qu'ils ne veulent plus porter de bermudas ou de chandails à manches courtes, et qu'ils ne désirent plus participer à certaines activités. Cette période peut être déroutante pour les parents qui se demandent pourquoi l'amputation devient, tout à coup, une source de problèmes pour le jeune amputé qui semblait n'avoir aucun mal à l'accepter. Il est important que les parents sachent que cette situation est assez fréquente et que certains jeunes la vivent plus intensément que d'autres. Lorsqu'ils atteignent la fin de l'adolescence, la majorité des jeunes acceptent de nouveau leur amputation et leur membre artificiel.
Au primaire, c'est peut-être possible de se maintenir physiquement au même niveau que les autres, mais au secondaire, les jeux sont plus compétitifs, c'est beaucoup plus difficile. Certaines personnes y arrivent, mais elles sont généralement très persévérantes ou elles ont une habileté naturelle pour les sports. Pour ce qui est des sports très compétitifs seulement une minorité y arrive. Les jeunes amputés peuvent continuer à pratiquer leurs sports favoris mais de façon différente. Par exemple, un jeune amputé de la jambe peut devenir gardien de but afin de moins courir. Ils peuvent aussi se joindre à des regroupements tels qu'un club informatique, une troupe de théâtre ou un conseil étudiant. Grâce à ces activités, ils pourront continuer à s'impliquer dans la vie étudiante et à s'amuser avec leurs camarades de classe.
Nous incitons les personnes amputées à entreprendre des études postsecondaires ou de la formation continue, car elles peuvent leur donner accès à un plus grand choix de carrières. Les jeunes amputés doivent être réalistes quant à leur capacité. À titre d'exemple, il se peut que pour certains d'entre eux, il soit impossible ou du moins très difficile de travailler dans des domaines extrêmement exigeants sur le plan physique, comme le domaine de la construction. Le marché du travail étant un milieu très compétitif, les compétences professionnelles sont importantes pour les employeurs éventuels. Si vous avez fait de bonnes études, l'employeur attachera plus d'importance à vos compétences qu'au fait que vous êtes une personne amputée.
La poursuite des études au niveau collégial ou universitaire peut faire naître certaines craintes chez la personne amputée et ses parents. Elle fera de nouvelles connaissances et devra de nouveau expliquer les raisons de son amputation. Lorsque vient le temps de choisir un cégep ou une université, il est important de connaître l'étendue du campus. Pour une personne amputée de la jambe, par exemple, se rendre d'une salle de cours à une autre sur un campus qui couvre une grande surface pourrait représenter un problème. La plupart des cégeps et des universités ont des bureaux ou offrent des programmes pour venir en aide aux personnes qui ont une déficience physique. Ces ressources peuvent s'avérer profitables aux personnes amputées.
Les jeunes amputés ressemblent à tous les autres étudiants, en ce sens qu'ils vivent cette étape qui consiste en l'apprentissage de leur autonomie avec un mélange d'excitation et d'inquiétude. Ils devront tenir compte de leurs limites et trouver des ressources qui répondront à leurs besoins.